Les effets du BPA plus importants que prévu

Le 10 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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Des chercheurs de l’Institut de génomique fonctionnelle de l’université de Lyon ont publié le 26 janvier dernier dans la revue BMC Development Biology les résultats de nouvelles recherches sur le Bisphénol A. Passée inaperçue jusqu’au 9 mars, date à laquelle le CNRS a fait une communication (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2128.htm), l’étude illustre pour la première fois la sensibilité au BPA de l’oreille interne de certains vertébrés, comme le poisson zèbre et le xénope. Une recherche qui prouve que les effets du BPA sont beaucoup plus importants que prévus.

Jusqu’à présent, la plupart des études ont analysé l’impact du BPA sur la reproduction et le développement du cerveau. Le BPA, comme tout perturbateur endocrinien, peut modifier les équilibres hormonaux des vertébrés. Il est capable de se lier aux récepteurs des œstrogènes et de mimer leur action dans l’organisme. C’est pourquoi il est jugé reprotoxique, c’est-à-dire «préoccupant pour la fertilité de l’espèce humaine».

L’équipe de Vincent Laudet, en collaboration avec les chercheurs de l’Inserm, du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Inra, se sont intéressés à l’effet du BPA sur le développement embryonnaire. Ils ont exposé des œufs de poissons zèbres à des concentrations de plus en plus importantes de BPA (de 1 à 20 milligrammes par litre).

Après cette exposition, la plupart des embryons de poissons zèbres présentaient des anomalies au niveau des otolithes, ces petites structures au niveau de l’oreille interne qui servent à contrôler l’équilibre et jouent un rôle dans l’audition. Les scientifiques ont renouvelé l’expérience sur le xénope, un amphibien, et ont pu remarquer le même type d’anomalies. «Des effets que personne n’avait jamais mis en évidence auparavant. Les scientifiques ne regardaient que les effets sur la reproduction», précise Vincent Laudet.

Ces travaux montrent que les effets du BPA ne sont pas uniquement reprotoxiques. A des doses assez élevées, le bisphénol A agit sur le développement embryonnaire. Les cibles de la molécule sont donc plus nombreuses qu’initialement pensé. Selon le chercheur, l’effet serait également totalement indépendant des récepteurs des œstrogènes. D’autres récepteurs encore inconnus semblent jouer un rôle dans le phénomène.

La prochaine étape pour Vincent Laudet et son équipe sera donc de caractériser le récepteur qui entre en jeu et d’étudier les effets du composé chimique sur le développement embryonnaire des animaux, y compris des mammifères.

 



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