Les effets de la pollution de l’eau sont sous-évalués

Le 26 août 2019 par Stéphanie Senet
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Une pollution néfaste pour la santé, l'environnement et l'économie
Une pollution néfaste pour la santé, l'environnement et l'économie

Dans un rapport publié le 20 août, la Banque mondiale précise les nombreuses conséquences de la pollution de l’eau sur la santé, l’environnement et l’économie.

Le tour d’horizon est plus sombre que prévu. Le rapport publié par la Banque mondiale, qui résulte de l’exploitation de la plus grande base de données au monde sur les polluants de l’eau, pointe les nombreuses conséquences  de la présence des bactéries, nitrates, métaux lourds (plomb et arsenic), micro-plastiques, médicaments, et autres produits chimiques. Rien qu’aux Etats-Unis, un millier de nouveaux produits chimiques sont déversés dans l’environnement chaque année. Soit trois nouveaux types par jour, notent les auteurs de cet opus de 142 pages.

80% d’eaux usées déversées sans traitement

L’institution de Washington rappelle aussi que plus de 80% des eaux usées dans le monde -95% dans certains pays en développement- sont toujours déversées dans l’environnement sans aucun traitement. Il est donc fondamental d’investir, de façon urgente, dans des usines d’épuration. En particulier dans les zones les plus densément peuplées.

Des enfants plus petits

Au plan sanitaire, l’azote qui se transforme en nitrates dans l’eau peut par ailleurs être fatal aux enfants. Le rapport cite une étude menée en Inde, au Vietnam et dans 33 pays d’Afrique selon laquelle les enfants exposés à de fortes concentrations de nitrates dans l’eau –supérieures au taux recommandé de 10 milligrammes par litre- grandissaient moins pendant leurs trois premières années. Un problème particulièrement chronique au Bangladesh où 20% de la mortalité infantile dans les régions côtières est attribuée à l’eau salée. Et où les femmes vivant à moins de 20 kilomètres de la mer ont 1,3 fois plus de risques de faire une fausse couche que les autres.

Une eau de plus en plus salée

A propos du sel, les auteurs estiment que la quantité de nourriture perdue chaque année à cause de l’eau salée permettrait de nourrir 170 millions de personnes : l’équivalent de la population du Bangladesh.

Au niveau économique, les rapporteurs ont calculé que dans les régions les plus touchées, la pollution de l’eau potable pouvait coûter jusqu’à un tiers de la croissance économique potentielle. Aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés. «Les pouvoirs publics doivent prendre d’urgence des mesures pour lutter contre la pollution de l’eau de sorte que les pays puissent croître plus rapidement de manière équitable et durable sur le plan environnemental», conclut David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale.

Pour mémoire, plusieurs objectifs de développement durable visent l’eau et l’assainissement à l’horizon 2030. Dont un accès universel et équitable à l’eau potable, à un  coût abordable (ODD 6.1), la réduction de moitié des eaux usées non traitées (ODD 6.2).

Recherches attendues / Deux jours seulement après la publication du rapport le Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tirait à son tour le signal d’alarme. L’institution onusienne a appelé, le 22 août, à mener une évaluation approfondie des conséquences sanitaires des micro-plastiques présents dans l’environnement. Ces polluants sont présents «partout, y compris dans l’eau que nous buvons», a rappelé la directrice de la santé publique à l’OMS, Maria Neira. Celle-ci a estimé qu’il fallait «mener des recherches sur les effets potentiels sur la santé des micro-plastiques présents dans l’eau de boisson» et «enrayer la croissance de la pollution plastique partout dans le monde».

 



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