Les édulcorants font grossir les bébés

Le 10 mai 2016 par Romain Loury
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A l'évidence, les bébés de la Maison blanche ne consomment pas d'édulcorants artificiels.
A l'évidence, les bébés de la Maison blanche ne consomment pas d'édulcorants artificiels.
White House/Pete Souza

Les enfants exposés in utero aux édulcorants artificiels ont deux fois plus de risques d’être en surpoids à un an, révèle une grande étude canadienne publiée lundi 9 mai, qui vient conforter des travaux chez l’animal.

La situation des édulcorants, en particulier de l’aspartame, n’est pas sans évoquer celle du bisphénol A: un avis très rassurant de l’autorité européenne de sécurité des aliments, publié fin 2013, suivi d’un avis bien plus prudent de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), début 2015. Et là aussi, une forte opposition des associations et des accusations de conflits d’intérêt.

Censés prévenir la prise de poids, les édulcorants artificiels ont fait l’objet de plusieurs études aux résultats inquiétants, notamment sur l’aspartame. En 2010, deux études souvent brandies par les anti-aspartame montraient, pour l’une (danoise), un risque d’accouchement prématuré chez des femmes consommant fréquemment de l’aspartame, pour l’autre (italienne), un risque cancéreux chez le rat. Et début 2013, une étude française suggérait un risque accru de diabète avec les boissons édulcorées.

Allant dans le même sens, une étude canadienne publiée lundi dans la revue JAMA Pediatrics montre pour la première fois que les femmes ayant consommé des boissons édulcorées pendant leur grossesse ont plus de chances de voir leur enfant souffrir de surpoids à un an. Un phénomène qui n’est pas observé avec les simples boissons à sucres ajoutés.

Risque multiplié par 2,19

Menée par Meghan Azad, de l’université du Manitoba à Winnipeg, et ses collègues sur 3.033 couples mère-enfant, elle montre un risque multiplié par 2,19 chez les 5,1% de femmes en consommant quotidiennement, par rapport à celles n’en buvant pas. Ce résultat était observé après prise en compte d’autres facteurs de risque d’obésité infantile, notamment le poids de la mère, son régime alimentaire et la durée de l’allaitement.

Selon les chercheurs, ces résultats confirment que les maladies métaboliques pourraient être programmées très précocement dans la vie. Comme chez l’animal, cet effet obésogène, dont les mécanismes restent à élucider, n’est observé que chez les garçons, avec un risque multiplié par 3,07, pas chez les filles. Une différence qui pourrait être lié à des divergences sexuelles de flore microbienne intestinale, sur laquelle plusieurs études ont suggéré une action des édulcorants.



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