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Les écrans acoustiques toujours aussi prisés

Le 10 décembre 2004 par Christine Sévillano
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ecran beton
ecran beton

Les murs anti-bruits ne sont pas très beaux, mais ils ne disparaîtront pas. Ils devraient même se multiplier dans les années à venir grâce aux différentes réglementations sur la résorption des points noirs.

La directive européenne du 25 juin 2002 sur l'évaluation et la gestion du bruit dans l'environnement devrait avoir un effet de levier pour le secteur de la fabrication et de la pose des écrans acoustiques. "Cette réglementation demande notamment un recensement des points noirs et une politique de rattrapage pour résorber les niveaux sonores. La France avait déjà pris des mesures pour réduire les nuisances sonores de ces points, la politique française devrait donc être simplement dynamisée", affirme Paul Sauvage, responsable du département réalisation des ouvrages au Centre d'études et de recherches de l'industrie du béton (Cerib).

Les points noirs sont des sites proches de grandes infrastructures terrestres sur lesquels les niveaux de bruit pour les riverains dépassent 70 décibels (dB) le jour et 65 la nuit. Ces niveaux sonores sont connus pour provoquer une gêne importante ou des perturbations du sommeil. Ils doivent être ramenés à 65 dB de jour et 60 de nuit. Ils concernent les logements, les écoles, les locaux d'action sociale ou de santé. Selon le Cerib, ces points noirs touchent environ 200.000 logements dans l'Hexagone.

"Le volontarisme de l'Etat pour la résorption des bruits de ces lieux s'était un peu essoufflé ces derniers temps surtout pour des raisons financières", explique Paul Sauvage. Mais une circulaire interministérielle du 25 mai 2004 à destination des préfets doit relancer cette politique. Ce texte demande notamment pour la fin de l'année une cartographie des zones urbaines sensibles, classées comme prioritaires. Et l'ensemble des points noirs devrait être recensé pour juin 2006. "En somme, la directive européenne va avoir un impact sur notre métier mais dans le long terme. Tous ces points noirs représentent un marché potentiel", poursuit le responsable du Cerib.

Il y a deux moyens de réduire les nuisances sonores aux abords des infrastructures terrestres: les écrans acoustiques et le traitement des bâtiments collectifs ou individuels, à savoir la pose de vitrages isolants. Les références clés pour ces murs anti-bruit sont rassemblées dans les recommandations du Centre d'études sur les réseaux de transport et l'urbanisme (Certu). "Elles ont été rédigées pour les établissements publics, mais elles sont également devenues la référence pour les entreprises privées", explique Paul Sauvage. Ainsi un écran acoustique simple doit absorber 4 dB en réflexion -quand le bruit se réfléchit sur le mur- et 25 dB en transmission –absorption directe-.

Les écrans acoustiques sont très efficaces sur les zones pavillonnaires et le bâti collectif peu élevé. Ils ne traitent pas seulement le bruit entendu à l'intérieur des logements mais aussi celui dans l'environnement. Ainsi les habitants peuvent ouvrir leurs fenêtres en étant protégés des nuisances sonores. Mais ces murs ont un impact limité sur les immeubles trop élevés. Dans ce cas, les traitements de façade sont davantage préconisés. L'ouverture des fenêtres des riverains demeure alors problématique.

Le béton représente 60% du marché des écrans acoustiques, alors que le bois 30%, le métal 5% et les autres matériaux (transparents, terre cuite, buttes de terre), le reliquat. "Chaque matériau a des avantages et des inconvénients, mais le béton permet une pérennité de l'ouvrage face au climat et en termes de durabilité. De plus ses performances acoustiques sont plus élevées", explique Paul Sauvage. Théoriquement, en laboratoire, un écran en béton atténue 50 à 60 décibels en transmission, contre 30 à 40 au maximum pour un mur métallique. La performance est moindre sur le terrain. Les murs transparents sont réservés au traitement d'ouvrages d'art en raison de leur poids.

Qu'importe la matière, les murs anti-bruits ont encore de l'avenir. D'autant plus qu'une norme européenne, pour un marquage CE, est attendue sur les produits de construction (dont font partie les murs anti-bruit) . Cette norme sera complétée d'un volet sur la durabilité acoustique et précisera les exigences minimales en termes de performance. Si elle est adopté par les Etats membres, elle devrait paraître à la fin de l'année 2005.




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