Les écosystèmes d’altitude bouleversés par le réchauffement

Le 05 avril 2018 par Romain Loury
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Une fuite vers le haut
Une fuite vers le haut

Frappés de plein fouet par le changement climatique, les écosystèmes montagnards changent de plus en plus vite: selon une étude européenne publiée mercredi 4 avril dans Nature, le nombre de nouvelles espèces colonisant les sommets européens ont quintuplé ces dernières années.

 

Le réchauffement entraîne des migrations d’espèces, végétales ou animales, vers les pôles, ou pour celles vivant en milieu montagneux, vers des zones plus élevées. Or ce phénomène est en train de s’emballer, comme le révèle une étude publiée par Manuel Steinbauer, biologiste à l’université d’Aarhus (Danemark), et ses collègues.

Cinq fois plus de nouvelles espèces

Les chercheurs ont étudié la flore de 302 sommets européens (Alpes, Pyrénées, Carpates, etc.), analysant des relevés remontant jusqu’en 1871. Bilan: le nombre de nouvelles espèces s’accroît désormais -pour la période 2007-16- de 5,4 par décennie, alors qu’il n’augmentait que de 1,1 espèce par décennie sur la période 1957-66.

Pour les chercheurs, c’est bien la hausse de température qui est responsable de ce phénomène: «d’autres facteurs globaux comme les retombées atmosphériques azotées liées aux polluants ou encore la fréquentation des sommets par l’Homme n’expliquent pas, quant à eux, cette accélération», selon un communiqué du CNRS[i], dont le Laboratoire Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (CNRS, université de Picardie Jules Verne) a participé à l’étude.

Pas encore d’extinction, mais…

A ce jour, les chercheurs n’ont noté aucune disparition d’espèce. Celles-ci semblent toutefois inéluctables pour les plus sensibles d’entre elles, soit parce qu’elles ne pourraient migrer plus en altitude, soit par compétition avec d’autres espèces venues d’aval. Publiée fin janvier, une étude autrichienne a déjà montré un phénomène de régression chez plusieurs espèces végétales alpines.

Pour le CNRS, «il s’agit d’un nouvel indicateur de ‘la grande accélération’ - cette inflation de plus en plus rapide de différents paramètres à travers le monde (recul des glaciers, blanchiment des coraux, etc.) observée ces dernières années en réponse au réchauffement climatique».



[i] CNRS: Centre national de la recherche scientifique

 



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