Les écolos ont leur boîte à idées

Le 22 août 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Géraud Guibert, président de LFE.
Géraud Guibert, président de LFE.

Porté par l’ancien secrétaire national à l’environnement du PS, le projet d’un think tank dédié aux questions environnementales est aujourd’hui une réalité. Regroupant des experts de tous horizons, la Fabrique écologique ambitionne de verdir les programmes des partis républicains. Un sacré challenge!

L’industrie française est à la ramasse? Qu’à cela ne tienne, les écolos lancent la Fabrique écologique (LFE). Les écolos, oui, mais de tous les partis. Créée à l’initiative de Géraud Guibert (ancien secrétaire national à l’environnement du PS), cette boîte à idées entend faire réfléchir ceux qui s’intéressent à l’écologie «axée sur le réel». «C’est le premier think tank français sur l’écologie qui soit transcourant», confirme l’éphémère directeur de cabinet de l’ex-ministre de l’écologie, Nicole Bricq.

Une institution transcourant

La liste des membres des conseils d’administration et d’orientation le prouve. On y trouve des personnalités de l’opposition (Chantal Jouanno, Jean-Luc Benhamias ou Serge Lepeltier), des encartés de la majorité (Michel Rocard, Jean-Paul Chanteguet, Dominique Voynet), des associatifs (Claire Nouvian, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Ostria), des scientifiques (Patrick Criqui, Isabelle Veyrat-Masson), des entrepreneurs (Franck Laval, Pierre Siquier) et même des banquiers (Pierre Ducret, Jean Peyrelevade).

Autre originalité de la Fabrique: son caractère constructif. «Il ne s’agit pas pour nous de pondre des rapports faisant des dizaines de recommandations. Nous allons, au contraire, régulièrement publier des notes rigoureuses faisant deux ou trois propositions structurantes qui pourront être facilement reprises par les partis politiques.»

De son expérience et de ses rencontres, le magistrat a tiré une conclusion: les écolos des partis «républicains» sont toujours minoritaires dans leur formation, dont les patrons n’entendent rien aux questions environnementales. On comprend mieux ce manque d’écologie dans la plupart des programmes politiques tricolores.

Contaminer les partis

L’ambition de Géraud Guibert est donc bien de contaminer de l’intérieur UDI, UMP, PS, PC, EELV et autre Modem d’idées écologistes compatibles aussi bien avec les idéaux de gauche, les hésitations du centre ou les «décomplexités» de la droite. Pas simple. «C’est comme pour une start-up, rien n’est encore acquis», reconnaît le conseiller-maître à la Cour des comptes.

Après quelques mois de rodage, LFE est désormais en ordre de marche. Huit groupes de travail thématiques sont plus ou moins à l’œuvre. L’objectif étant de mettre en ligne deux à trois notes d’ici la fin de l’année. Attendue pour le mois d’octobre, la première devrait concerner la décentralisation énergétique, «un sujet dont le débat sur l’énergie n’a pas fait le tour», ironise Géraud Guibert.

Suivra une note sur les meilleurs moyens de déclencher, chez les consommateurs, les actes contribuant à la rénovation thermique des bâtiments. «L’une de nos spécificités est aussi de proposer au débat des idées utiles.» Encore balbutiante, la démarche séduit déjà. Des dizaines d’experts œuvrent déjà, bénévolement, dans les instances de ce cercle de réflexion. Et, malgré la crise, une demi-douzaine d’entreprises et d’institutions ont mis la main à la poche pour financer LFE. «Le budget est bouclé jusqu’à la fin 2014», confirme le gardien des comptes de l’Etat. De quoi voir venir.



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