Les écologistes en lutte contre la Folie de Paris

Le 20 avril 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Que veut-on extraire vraiment de la Folie de Paris ?
Que veut-on extraire vraiment de la Folie de Paris ?
DR

C’est un nouvel accroc dans les relations entre les associations de protection de la nature et le ministère de l’écologie. Ce lundi 20 avril, les Amis de la Terre France, représentant une soixantaine d’ONG, ont attaqué devant le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) le permis de recherche de gaz de la Folie de Paris.

Tout commence en 2011. Année où la SARL Concorde Energie fait une demande de mutation et de prolongation du permis de recherche d’hydrocarbures de la Folie de Paris, qui couvre 266 kilomètres carrés dans les départements de l'Aube, de la Marne et de Seine-et-Marne. Il faudra plus de trois ans pour que le gouvernement réponde favorablement, via l’arrêté ministériel du 10 octobre 2014. Or le droit minier prévoit qu’au bout de 15 mois sans réponse, la demande est de facto rejetée.

garanties financières

Autre problème soulevé par Louis Cofflard, avocat de l’association: la société Concorde Energie Paris. Officiellement, ce prospecteur d’hydrocarbures gazeux doit mobiliser 1,66 million d’euros, au titre des garanties financières. Aujourd’hui, ce redoutable concurrent de Total dispose de 1.000 € de capital et est domicilié chez son gérant. Mieux: Concorde Energie Paris est une société unipersonnelle. «Il s’agit à l’évidence d’une erreur manifeste d’appréciation du gouvernement», résume l’avocat.

Une erreur qui n’avait pourtant pas été commise avec Thêtis. Cette entreprise, il est vrai, avait eu le mauvais goût de vouloir forer dans le Luberon. De quoi susciter un important tollé local… et parisien. Le ministère de l’écologie avait officiellement rejeté sa demande au motif que le pétitionnaire «ne dispos[ait] pas en propre des capacités financières nécessaires». Un jugement qui pourrait s’appliquer aussi au cas de Concorde Energie Paris.

hydrocarbures conventionnels?

Forte de ces arguments, l’ONG dépose, en décembre dernier, un recours gracieux contre la décision publiée deux mois plus tôt. Recours rejeté par les services de l’hôtel de Roquelaure. Ce qui ne manque pas de surprendre l’association. Dans un courrier envoyé au député de Seine-et-Marne Olivier Faure, le ministère de l’écologie souligne qu'il s'agissait d'un permis visant des hydrocarbures conventionnels, «alors que les recherches déjà menées sur ce territoire ont révélé l'absence de pétrole conventionnel», commentent Les Amis de la terre, dans un communiqué.

Et si le véritable enjeu était ailleurs? «Pourquoi la ministre ressort-elle ces demandes de permis du fond des tiroirs si ce n'est pour répondre aux pressions exercées par les lobbies pétroliers? Les compagnies préparent le terrain en espérant qu'un changement de gouvernement en 2017 conduira à une abrogation de la loi interdisant la fracturation hydraulique ou rouvrira la porte aux gaz et huiles de schiste par d'autres biais», estime Juliette Renaud, chargée de campagne sur les industries extractives aux Amis de la Terre.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus