Les eaux souterraines pompées par le changement climatique

Le 24 avril 2013 par Stéphanie Senet
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Modélisation hydrodynamique des 15 aquifères nord-aquitains
Modélisation hydrodynamique des 15 aquifères nord-aquitains

En 2070, la baisse des niveaux des nappes phréatiques représentera un phénomène généralisé en France. Telle est l’une des conclusions du projet Explore 2070, auquel est associé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Composé d’une centaine d’experts travaillant dans des instituts de recherche ou des bureaux d’étude spécialisés, ce projet étudie plus largement les effets du changement climatique sur la disponibilité de la ressource en eau, la préservation des écosystèmes aquatiques, et les zones littorales, afin de proposer des stratégies d’adaptation.

Piloté par la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) du ministère de l’écologie, Explore 2070 a notamment mis au point 3 cartes à partir des données fournies par Météo France pour la période 1961-1990 et de 7 modèles climatiques prévus pour 2045-2065.

Elles montrent une baisse générale de la recharge en eau comprise entre 10% et 25%, au niveau national, par rapport aux moyennes actuelles.

Les zones les plus sévèrement touchées seront le bassin de la Loire, avec une baisse de 25% à 30% sur la moitié de la superficie de son bassin versant, ainsi que le Sud-Ouest, avec une réduction majeure de 30% à 50%.

Tous les scenarii prévoient aussi une baisse du débit moyen des cours d’eau à l’horizon 2065, oscillant entre 10% et 40% dans la moitié Nord et entre 30% et 50% dans la moitié Sud (des baisses de 70% sont même envisagées).

Autre enseignement: la surélévation du niveau de la mer et la forte demande estivale en eau risquent de générer une remontée du biseau salé (1), mettant en danger la qualité des eaux estuariennes, des zones de marais, et des aquifères côtiers, en particulier autour de Marseille et à la frontière franco-espagnole.

Au total, les ressources en eau souterraines devraient baisser, en 2070, de 10% à 30% selon les scenarii optimistes, et de 20% à 55% dans les hypothèses plus pessimistes. Ce qui montre l’urgence d’optimiser les prélèvements, qui s’élèvent aujourd’hui à 33 milliards de mètres cube par an dans les eaux souterraines françaises, dont 17% pour l’eau potable, 9% pour l’irrigation, 10% pour l’industrie et 64% pour l’électricité, selon le BRGM.

(1)Il s’agit de l’intrusion d’eau saumâtre ou salée dans une masse d’eau



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