Les eaux européennes restent largement polluées par le mercure

Le 20 septembre 2018 par Stéphanie Senet
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En rouge, les pays où les concentrations les plus fortes de mercure sont observées dans les eaux de surface
En rouge, les pays où les concentrations les plus fortes de mercure sont observées dans les eaux de surface

40% des masses d’eau superficielles de l’Union européenne sont contaminées par des niveaux de mercure mettant en danger les oiseaux et les mammifères marins, alerte un rapport publié le 19 septembre par l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

Alors que le mercure est l’un des 10 produits chimiques les plus dangereux au monde, des concentrations excessives restent observées dans 46.000 masses d’eau de surface européennes sur 111.000. Elles sont principalement issues des émissions provenant de la combustion de charbon, lignite et bois et, dans une moindre mesure, de l’extraction aurifère et de certains process industriels.

 

Pendant des milliers d’années

Le hic, c’est que le mercure persiste jusqu’à 3.000 ans dans l’environnement et qu’il parcourt de très longues distances, souligne le rapport de l’AEE. On le retrouve ainsi dans l’air, l’eau, les sols et les animaux. Dans l’atmosphère, ses concentrations actuelles sont 500% supérieures aux concentrations naturelles. Dans les océans, elles sont 200% plus élevées! Et c’est justement dans les systèmes aquatiques qu’il s’avère le plus dangereux, sous la forme organique du méthylmercure. Etant absorbé par des animaux, il contamine toute la chaîne alimentaire jusqu’aux consommateurs.

Autre résultat: environ 50% du mercure anthropique observé en Europe provient de l’étranger, et 30% du seul continent asiatique. C’est en effet le seul endroit au monde où les émissions ont augmenté entre 1990 et 2010 (+47%).

 

Les limites de Minamata

Mauvaise nouvelle: même une action urgente d’envergure ne pourrait pas les réduire aux niveaux observés avant l’ère industrielle. L’interdiction de certains produits et process industriels, imposée par la convention de Minamata, signée par l’UE et entrée en vigueur en août 2017, n’a donc pas suffi à endiguer cette pollution.

Une pollution qui devrait s’accroître encore sous l’effet du réchauffement climatique. Selon une étude publiée en février dernier, elle pourrait même exploser au niveau mondial à cause de la fonte du permafrost.



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