Les eaux du bassin Rhône-Méditerranée se portent mieux

Le 04 février 2016 par Yves Leers
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2,6 milliards vont être investis dans la lutte contre la pollution d'ici à 2021.
2,6 milliards vont être investis dans la lutte contre la pollution d'ici à 2021.

La qualité des eaux s’est nettement améliorée depuis 25 ans dans le bassin Rhône-Méditerranée mais on est encore loin de l’objectif fixé pour 2021, selon l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse qui a publié mercredi 3 février son rapport annuel sur le sujet.

Alors que le nouveau Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2016-2021 entre en vigueur sur le bassin Rhône-Méditerranée, l’objectif 2021 suppose de retrouver un bon état écologique pour les deux tiers des rivières et 99% des eaux souterraines. Pour ces 6 prochaines années, le nouveau Sdage développe donc de nouveaux leviers d’action grâce à un programme de mesures par territoire dont le coût total est estimé à 2,6 milliards d’euros.

progression est très nette

Ainsi, sur le bassin Rhône-Méditerranée, 52% des rivières sont en bon ou très bon état. Pour la Corse, c’est encore mieux: ce chiffre grimpe à 86%. Cette amélioration sur 25 ans s’explique d’abord, selon l’Agence de l’eau, par «la chute des pollutions ponctuelles, qu’elles soient d’origine domestique ou industrielle». La progression est très nette: 80% des stations de surveillance présentent aujourd’hui un bon état au regard de la pollution domestique, contre 30% en 1990. Ces bons résultats, explique l’agence, sont à mettre «au crédit des acteurs locaux qui ont investi massivement dans les ouvrages d’épuration des eaux au point de diviser par 10 la concentration en phosphore et jusqu’à 20 la pollution organique dans les rivières». La faune et la flore des rivières ont profité de cette amélioration: «Les espèces d’invertébrés les plus sensibles, indicatrices de la bonne qualité de l’eau, reviennent peupler les rivières». Même constat pour les nappes: 82% d’entre elles sont aujourd’hui en bon état sur le bassin Rhône-Méditerranée et 100% en Corse.

TOUJOURS TROP DE PESTICIDES

Malgré cette évolution favorable, tout n’est pas réglé, loin de là et les bassins Rhône-Méditerranée et Corse souffrent toujours de prélèvements excessifs, de dégradations physiques et de très nombreux pesticides comme le détaille l’Agence de l’eau:

  • 40% des rivières souffrent encore d’un excès de prélèvements d’eau, notamment sur les grandes zones agricoles du sud du bassin ou sur la moyenne vallée de la Durance, «particulièrement exposées aux effets du changement climatique». Quant aux eaux souterraines, 89% sont en bon état quantitatif.
  • 50% des rivières sont «trop enserrées dans les digues et leur tracé a été modifié, ce qui altère la qualité de l’eau et de la biodiversité et aggrave l’impact des crues». Les problèmes se concentrent principalement dans les grandes zones agricoles du bassin, mais également autour des grands axes de communication et sur le pourtour méditerranéen.
  • 50% des rivières sont «cloisonnées par plus de 20.000 seuils et barrages qui bloquent la circulation des poissons et des sédiments jusqu’à provoquer la disparition de certaines espèces». De plus, «les sédiments n’arrivent pas à la mer et leur déficit sur le littoral aggrave les conséquences de la hausse du niveau de la mer et du recul du trait de côte».
  • Les quantités de pesticides sont très loin de diminuer: «150 pesticides différents sont retrouvés chaque année dans les rivières et les ventes augmentent. Le nombre de matières actives dans les rivières, ainsi que la fréquence de quantification à des concentrations supérieures à la norme eau potable (0,1 microgramme par litre) sont stables depuis 7 ans. Ce dépassement de la norme rend l’eau inutilisable pour la boisson sans un traitement poussé qui renchérit le prix de l’eau.» Enfin, la pollution par les nitrates et les pesticides ne régresse pas dans les eaux souterraines.

PLUS LOIN AVEC LE SDAGE NOUVEAU

Pourtant, des efforts sont visibles sur les territoires. Le bilan du Sdage 2010-2015 est positif sur l’assainissement (toutes les villes de plus de 2.000 habitants sont aux normes) mais également sur les économies d’eau. 180 millions de mètres cubes d’eau ont été économisés, soit la consommation d’une ville de 2,5 millions d’habitants. Au niveau des rivières, 465 seuils qui barrent le cours de l’eau sont désormais franchissables par les poissons et les sédiments.

Le Sdage 2016-2021 préconise «d’économiser l’eau pour se préparer au changement climatique, de réduire les pollutions et protéger notre santé, de préserver la qualité de nos rivières et de la Méditerranée, de restaurer les cours d’eau en intégrant la prévention des inondations, et de préserver les zones humides et la biodiversité». 

2,6 Md€ sur 6 ans seront spécifiquement consacrés aux actions à engager dans les territoires pour atteindre les objectifs de bon état des milieux aquatiques dans le cadre du Sdage.

 



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