Les eaux de ballast enfin traitées

Le 20 septembre 2017 par Stéphanie Senet
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10 milliards de mètres cube d'eau de mer transitent dans les réservoirs des navires chaque année
10 milliards de mètres cube d'eau de mer transitent dans les réservoirs des navires chaque année

Entrée en vigueur le 8 septembre, la convention internationale sur les eaux de ballast et les sédiments des navires a été ratifiée, ce 20 septembre, par un décret paru au Journal officiel.

 

Treize ans après sa signature à Londres, le 13 février 2004, la convention sur les eaux de ballast -contenues dans les réservoirs des navires pour assurer leur stabilité- est enfin entrée en vigueur. Cette étape a été franchie grâce à la 30e ratification du texte (par la Finlande), concernant 35% du tonnage maritime mondial.

C’est une évolution majeure dans le monde maritime puisque la majeure partie de la flotte doit désormais traiter ces eaux au lieu de les déverser au large ou à quai. «On estime que 10 milliards de mètres cubes d’eau de mer transitent dans ces réservoirs chaque année, dont 22 millions sont déchargés le long des seules côtes de la France métropolitaine», détaille Philippe Goulletquer, directeur scientifique adjoint en charge de la biodiversité marine et côtière à l’Ifremer[1].

Egalement publiée au JO, la convention de Minamata sur le mercure prévoit l’élimination progressive de tous les produits contenant cette substance dangereuse d’ici 2020. Elle est entrée en vigueur en août dernier, 4 ans après sa signature à Kumamoto (Japon).

 

50.000 bateaux

50.000 porte-conteneurs, cargos, bateaux-citernes, vraquiers, navires de pêche et de croisière sont tenus de s’équiper, d’ici 2024[2], de dispositifs capables d’éliminer ou de rendre inoffensifs les organismes qui ont trouvé refuge dans les eaux de ballast. Soient des micro-algues, planctons, animaux, larves, petits mollusques, crustacés et bactéries… Plusieurs procédés sont aujourd’hui listés par l’Organisation maritime internationale (OMI). Les eaux peuvent être traitées par rayonnement ultraviolet, électrolyse, filtration ou produits chimiques non nocifs pour l’environnement. En attendant, les eaux doivent être rejetées à au moins 200 milles marins de la terre et à 200 mètres de profondeur.

 

60% des espèces invasives

Cette convention vise à préserver la biodiversité marine puisque 60% des cas d’introduction d’espèces invasives seraient liés au trafic maritime, par les eaux de ballast ou sur les coques où les algues et les mollusques s’accrochent (biosalissures), selon l’Ifremer. Sur les seules côtes françaises, 325 espèces de ce type ont été recensées, comme la moule zébrée, menaçant les écosystèmes locaux. Après la convention sur les eaux de ballast, les Nations unies lancent désormais les premiers travaux autour d’un futur traité réglementant les biosalissures.

 

 



[1] Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

[2] Les bateaux neufs doivent être obligatoirement équipés

 



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