Les dommages hydriques ont coûté 13 Md€ aux entreprises

Le 15 novembre 2016 par Stéphanie Senet
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Sécheresses, inondations, déversements, amendes... La facture liée à l'eau s'alourdit pour les grandes entreprises mondiales
Sécheresses, inondations, déversements, amendes... La facture liée à l'eau s'alourdit pour les grandes entreprises mondiales

Publié ce 15 novembre, un rapport du Carbon Disclosure Project (CDP) montre que les grandes entreprises n’ont pas pris la mesure du risque de stress hydrique dans le monde. Avec des conséquences importantes au niveau tant financier que climatique.

 

 

Les dommages liés à l’eau ont coûté, cette année, 14 milliards de dollars (13 Md€) selon la nouvelle étude du CDP, basée sur les données communiquées par 607 grandes entreprises[1]. C’est 5 fois plus que le montant de la facture de l’an dernier (2,4 Md€), ce qui montre l’accélération des dommages, et en même temps leur décalage avec les réactions des conseils d’administration. Ceux-ci continuent en effet leur «business as usual».

Par exemple, 61% des entreprises recensées ont déclaré en 2016 suivre leur consommation d’eau. C’est trois points de plus seulement qu’en 2015.

 

Trois quarts de la facture pour Tepco

 

Si tous les secteurs étudiés ont été impactés, les services publics, l’énergie et les matériaux ont connu les dommages les plus importants, Tepco en tête. Le producteur d’électricité japonais a dépensé 9 Md€ au cours du dernier exercice pour lutter contre la pollution des eaux souterraines à la centrale de Fukushima Dai-ichi, frappée par le tsunami de 2011.

Parmi les autres crises, Saint-Gobain a dû débourser 3,5 M€ en 2015 à cause des inondations de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). En Indonésie, la rupture d’approvisionnement d’un puits a coûté 2 M€ à Danone. Au total, 27% des entreprises ont subi des dégâts liés à l’eau au cours du dernier exercice.

 

Années noires

 

La plupart des entreprises s’attendent par ailleurs à subir 2.300 crises hydriques au cours des 6 prochaines années. Par exemple, Engie prévoit des retards dans la délivrance de permis au Pérou et un arrêt de sa production brésilienne à cause de pénuries d’eau.

Ce déni des risques hydriques coûte également cher au climat. Le CDP a évalué qu’un engagement sur quatre pris par les entreprises pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre repose sur un approvisionnement stable en eau. A contrario, 24% de leurs engagements pourraient tomber… à l’eau.

«C’est un signal d’alarme pour toutes les entreprises, qui doivent prendre l’eau plus au sérieux», a commenté Paul Simpson, directeur général du CDP.

Recherche données hydriques satellitaires
Conscientes de l’importance des enjeux hydriques, 7 institutions françaises, dont l’Agence française de développement (AFD) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), ont signé un accord, le 11 novembre, pour développer les données spatiales hydrographiques dans le monde. Des données aujourd’hui parcellaires mais indispensables dans le contexte de changements climatiques.

 

Les entreprises énergétiques à l’amende

 

En collaboration avec le South Pole Group, le CDP pointe aussi les initiatives les plus ambitieuses en matière de gestion de l’eau, via son classement ‘Water A List’, qui compte cette année 24 entreprises, dont le groupe français L’Oréal et le britannique Diageo. Contre 8 seulement l’an dernier.

Les entreprises énergétiques sont quant à elles pointées du doigt pour leur absence de transparence. Un tiers d’entre elles ont répondu au CDP. On attend toujours les informations d’ExxonMobil, Chevron, Shell et Total. Ces groupes sont pourtant fortement exposés. 47% des entreprises qui ont répondu au CDP ont fait l’objet d’amendes ou de pénalités à cause d’un déversement ou du non-respect d’une législation. Ce qui leur a coûté 73 M€ en un an.



[1] Ces 607 entreprises représentent 62.000 Md€ d’actifs

 



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