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Les deux roues polluent moins mais toujours trop

Le 30 juin 2005 par Claire Avignon
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moto pollution
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Le 29 juin, l'Ademe a présenté les résultats de ses recherches sur les émissions de polluants des deux roues. De nets progrès ont été réalisés, grâce à la mise en place de la norme Euro.

Même si le parc des deux roues (8%) apparaît relativement négligeable par rapport au parc automobile (92%), sa contribution est en fait loin d'être insignifiante. Alors que les cyclomoteurs et les motocycles ne représentent que 1% de la consommation d'énergie de l'ensemble des véhicules particuliers, ils représentent 10% des rejets de monoxyde de carbone (CO) et 13% des hydrocarbures (HC) imbrûlés.

Ces résultats s'expliquent par le fait que le parc reste majoritairement non catalysé. En effet, c'est seulement depuis 2000 que les véhicules deux roues mis sur le marché sont soumis à une norme sur les rejets polluants: Euro 1 en 2000 puis Euro 2 en 2004 (Euro 3 doit être mis en place en 2006). «La réglementation a tardé à se mettre en place parce que le marché des deux roues est inférieur à celui des voitures particulières, explique Alain Morcheoine, directeur de l'air, du bruit et de l'efficacité énergétique de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Toutefois, la forte croissance du marché ces dernières années a convaincu l'Union européenne de se pencher sur le sujet.» Une croissance qui s'explique entre autres par l'attrait des deux roues pour échapper à la congestion des villes.

Aujourd'hui, pour les cyclomoteurs, les rejets de CO entre Euro 1 et Euro 2 ont été divisés par 6 et par 3 pour les HC. Du côté des motocycles, les émissions de CO ont baissé de 30% (deux temps) à 60% (quatre temps), et celles de HC sont trois à quatre fois inférieures. «Toutefois, lorsque l'on réalise les mêmes mesures en prenant un cycle plus représentatif de l'usage réel, cycle créé par l'Ademe, les rejets s'avèrent supérieurs de 20% aux cycles réglementaires de l'Union européenne», tempère Patrick Coroller, auteur de l'étude avec Stéphane Barbusse, pour l'Ademe.

Si l'Ademe estime que les constructeurs de deux roues ont réalisé la plus grande part des efforts réalisables sur les émissions de polluants locaux, elle considère par ailleurs qu'il y a encore une marge de progrès pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Les cyclomoteurs rejettent entre 50 et 80 grammes d'équivalent CO2 par kilomètre (g CO2/km) contre 103 à 143 pour les meilleurs véhicules diesel et essence. Et les motos testées affichent une moyenne de 160 g CO2/km, équivalente à celle des véhicules essence. «Or le coefficient de remplissage des voitures particulières en ville atteint 1,3 à 1,5 contre 1 pour les motos, indique Alain Morcheoine. Ce résultat pénalise les deux roues sur le plan de l'efficacité énergétique, au passager transporté.» Aucune réglementation n'est encore à l'ordre du jour dans l'Union européenne ou en France, ni pour les émissions de CO2, ni d'ailleurs pour le bruit, autre nuisance générée par les deux roues.




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