Les deux arrêtés sur les tours aéro-réfrigérantes signés

Le 04 janvier 2005 par Christine Sévillano
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Les tours aéro-réfrigérantes sont soumises depuis le début du mois de décembre à la réglementation sur les ICPE. Deux arrêtés, publiés vendredi au JO, viennent préciser le renforcement des mesures pour les TAR soumises à autorisation et celles soumises à déclaration. Outre une plus grande régularité des analyses, ils mettent l'accent sur un nettoyage continu et réfléchi des circuits et un accès aux résultats d'analyse plus rapide.

Les deux arrêtés sur les tours aéro-réfrigérantes (TAR) ont enfin été publiés au Journal officiel vendredi 31 décembre. Ils renforcent les mesures de surveillance et de prévention de la prolifération des légionelles. Ces arrêtés viennent compléter le décret du 1er décembre 2004 qui modifie la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Elle soumet les TAR à un contrôle plus strict par la création de la rubrique 2921. Les tours humides dont la puissance est inférieure à 2.000 kilowatts (kW) sont soumises à déclaration, celles supérieures à 2.000 kW et qui n'ont pas de circuit primaire fermé sont soumises à autorisation. Le risque de dissémination est en effet plus important dans le deuxième cas où la puissance d'évacuation est plus élevée. L'arrêté concernant les TAR soumises à autorisation oblige l'exploitant à accroitre le nombre d'analyses en laboratoire.

"Cette nouvelle réglementation est importante, même si effectuer des analyses régulières va avoir un coût. Elle va en tout cas permettre aux exploitants d'être mieux sensibilisés aux risques de prolifération des légionelles", affirme Michèle Merchat, responsable de la recherche appliquée et du développement de la société Climespace. Cette entreprise de de production et de distribution d'eau glacée pour la climatisation, qui exploite trois tours aéro-réfrigérantes, a effectué plus de 700 analyses depuis 1999. Ces études donnent la possibilité de mieux détecter les risques avant une éventuelle prolifération. Climespace a choisi de faire des traitements des circuits en continu en injectant un biodispersant et un biocide oxydant régulièrement plutôt qu'un nettoyage choc qui règle le risque de manière partielle et ponctuelle. "Les décrets prévoient d'ailleurs un nettoyage régulier. Le nettoyage des tours est souvent synonyme selon les exploitants d'arrêt des tours pour briquer les parois. Mais c'est oublier le biofilm de bactéries qui se forme dans les canalisations. Il vaut mieux préférer un nettoyage régulier sans arrêter les tours. L'utilisation des biocides se fait alors moins en masse, d'où une meilleure maîtrise des coûts", poursuit Michèle Merchat.

Autre point institué par ces arrêtés: le résultat intermédiaire. Quand un échantillon part en laboratoire, dix jours sont nécessaires pour connaître les résultats définitifs en raison de la lenteur de la mise en culture. Désormais les laboratoires peuvent donner un résultat intermédiaire au bout de cinq jours. Si les débats sur la pertinence de ces premières données se poursuivent, elles devraient permettre une action plus rapide des exploitants. "Même au bout de trois jours, les résultats sont intéressants car ils se basent sur l'appréciation visuelle de la morphologie des bactéries. Nous avons d'ailleurs constaté que ces données étaient exactes dans 80% des situations, d'où une meilleure réactivité pour la mise en place d'une procédure curative", affirme la responsable, qui insiste sur l'importance du choix du laboratoire.

Le ministère de l'Ecologie et du développement durable, avec l'aide des préfets, a finalement recensé 12.745 tours aéro-réfrigérantes dans 5.721 établissements. Des guides de gestion du risque légionelles et d'aide aux exploitants pour trouver d'autres procédés de refroidissement que les TAR seront publiés dans les semaines à venir. La prévention du risque légionelle sera l'une des priorités d'actions nationales de l'inspection des installations classées pour 2005. Un programme de recherches de 1,5 million d'euros a également été mis en place pour améliorer les connaissances sur la bactérie et la maladie. Le Plan d'action gouvernemental contre la légionellose vise à diminuer par deux le nombre de cas de légionellose d'ici 2008.




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