Les dessous toxiques des vêtements

Le 21 novembre 2012 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Levi's a annoncé l'objectif "zéro rejet" sans pour autant l'appliquer
Levi's a annoncé l'objectif "zéro rejet" sans pour autant l'appliquer

Greenpeace  poursuit son investigation sur l’industrie textile. Après son enquête sur les vêtements de plein air (voir JDLE), l’association révèle la présence de substances toxiques dans des articles de 20 marques très répandues, comme Zara, Levi’s, GAP, H&M et Benetton.

L’association a passé au peigne fin 141 articles pour femmes, hommes et enfants, vendus dans 29 pays et régions du monde.

Résultat: 89 articles (63% de l’échantillon) contiennent des éthoxylates de nonylphénol (NPE) à des taux compris entre 1 partie par million (ppm) et 45.000 ppm. Parmi eux, 20% en contenait plus de 100 ppm,  ce qui est supérieur aux résultats de l’année précédente, souligne Greenpeace. Par ailleurs, chaque marque achetée comprenait au moins un produit avec des NPE (1). Les concentrations les plus élevées (supérieures à 1.000 ppm) ont été observées dans des produits C&A, Mango, Levi’s, Calvin Klein, Zara, Metersbonwe, Jack&Jones et Marks&Spencer.

Des phtalates ont été détectés dans les 31 produits contenant du plastisol, le corps chimique obtenu par la dispersion de résines synthétiques (principalement PVC et EVA) dans un plastifiant, utilisé comme encre pour imprimer en sérigraphie des images et des logos sur les textiles. 4 vêtements contenaient des concentrations très élevées (jusqu’à un tiers de leur poids). Il s’agit de produits Tommy Hilfiger, Armani, et Victoria’s Secret.

Enfin, des colorants azoïques, qui libèrent des amines cancérogènes, ont été décelés dans 2 articles de la marque Zara.

Potentiellement nocifs pour la santé, ces produits s’avèrent aussi dangereux pour l’environnement.

Comme l’ont montré les rapports Dirty Laundry 1 et 2, publiés dans le cadre de la campagne Detox lancée par Greenpeace Chine en juillet 2011 et relayée par de nombreuses délégations, les pays fabricant ces vêtements rejettent des produits toxiques générant des pollutions des cours d’eau. Il s’agit notamment de l’Indonésie, de l’Inde, de la Chine, du Vietnam… Mais la pollution ne s’arrête pas au pays de fabrication. Les NPE se retrouvent aussi dans les pays importateurs et se propagent dans l’environnement à l’occasion du lavage des vêtements et de leur mise en décharge. Ils se dégradent alors en nonylphénol (NP), une substance toxique agissant comme perturbateur endocrinien, classée comme «substance dangereuse prioritaire» par l’Union européenne.

La toxicité des phtalates est également reconnue. A faible dose, ils peuvent perturber le système endocrinien et à plus forte dose, leur impact sur le fonctionnement du foie et des reins a été mis en évidence.

Greenpeace appelle donc les grandes marques de l’industrie textile à stopper l’utilisation de ces substances, avec l’objectif d’atteindre le zéro rejet d’ici le 1er janvier 2020, comme s’y sont déjà engagés Levi’s et Jack Wolfskin, sans pour autant passer encore à l’acte.  

(1)Giorgio Armani, Benetton, Blozek, C&A, Calvin Klein, Diesel, Esprit, GAP, H&M, Jack Jones, Levi’s, Mango, Marks and Spencer, Metersbonwe, Only, Tommy Helfiger, Vancl, Vero Moda, Victoria’s secret, et Zara.

http://blog.greenpeace.fr/cp/fashion-victim

http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/300718/Les%20dessous%20toxiques%20de%20la%20mode_2012.pdf



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus