Les dessous d’un jean durable

Le 18 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Exit le permanganate de potassium
Exit le permanganate de potassium

 

La Fondation Ellen MacArthur a publié, le 16 juillet, les lignes directrices de la fabrication d’un jean durable, dans le cadre de son initiative pour une mode circulaire.

 

Alors que le Conseil suédois de la mode a annulé, début juillet, sa Fashion Week pour des raisons écologiques, l’industrie de la mode s’interroge. Que faire pour réduire l’impact de l’une des industries les plus polluantes au monde ? En lisant ce nouvel opus de la Fondation britannique Ellen MacArthur, les fabricants de jeans trouveront une myriade de réponses. Associant 40 partenaires, dont des universités, des marques, des fabricants, des recycleurs et des associations, ce rapport fait en effet le tour des bonnes pratiques à suivre.

Circulaire et florissant

«En travaillant ensemble, nous pouvons créer des jeans qui durent plus longtemps, qui peuvent être recyclés en nouveaux jeans à la fin de leur utilisation et qui sont fabriqués de façon à être moins nocifs pour l’environnement et les personnes qui travaillent. Ce n’est que le début. Au fil du temps, nous pouvons créer une industrie de la mode florissante, fondée sur les principes d’une économie circulaire», a résumé François Souchet, en charge de la mode durable à la Fondation.

En rayon / La marque C&A a lancé, en août 2018, un jean durable certifié Cradle to Cradle gold, au prix de 29 euros. Conçu avec la plateforme Fashion for good, «il ne contient aucun produit toxique, a été fabriqué avec ces énergies renouvelables, dans le respect de normes sociales élevées», selon la chaîne néerlandaise.

La conception à la loupe

Dans le détail, un jean durable doit tout d’abord satisfaire des critères d’éco-conception. A commencer par endurer 30 lavages en conservant toutes ses caractéristiques. Pour cela, les produits doivent afficher une étiquette claire sur les instructions de lavage. Des critères sanitaires ensuite. Les jeans doivent être fabriqués à partir de fibres de cellulose provenant d’exploitations durables, biologiques ou en conversion. Ils doivent aussi être exempts de produits chimiques dangereux. Le permanganate de potassium (très toxique pour les organismes aquatiques et nocif en cas d’ingestion) est interdit, tout comme le délavage à la pierre et le sablage.

Deuxième vie

Bien sûr, ils doivent être recyclables. Pour cela, ils doivent contenir au moins 98% (en poids) de fibres de cellulose. Les rivets métalliques doivent être recyclables ou réduits au maximum. Tout matériau supplémentaire doit être facile à démonter. Un premier pas indispensable alors que les jeans usagés, comme tous les déchets textiles, sont fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Au total, l’industrie textile affiche un bilan carbone d’1,2 milliard de tonnes équivalent CO2 dans le monde, selon la Fondation Ellen MacArthur. C’est davantage que le transport aérien et le transport maritime réunis.

Label Jeans redesign

Pour inciter les fabricants à passer le cap, la Fondation Ellen MacArthur a mis au point un label «Jeans Redesign» que les entreprises pourront utiliser si elles respectent la totalité de ces conditions. Un respect qui sera d’ailleurs réévalué chaque année. Sans préciser si les fournisseurs de matières premières entrent dans cette boucle vertueuse. C’est pourtant la condition-clé d’un textile moins nocif pour l’environnement et les travailleurs du secteur.

Coup de pouce des banques / Cinq banques européennes –dont la Caisse des Dépôts- et la banque européenne d’investissement (BEI) ont lancé, ce 18 juillet, un programme sur cinq ans (2019-2023) doté de 10 milliards d’euros pour financer des projets en faveur de l’économie circulaire dans l’Union européenne.

 

 

 

 

 



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