Les derniers feux de Tchernobyl vont-ils polluer la France ?

Le 07 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les forêts de Tchernobyl brûlent régulièrement.
Les forêts de Tchernobyl brûlent régulièrement.
VLDT

Des incendies dans la zone d’exclusion pourraient avoir remis en suspension des particules radioactives.

C’était la nouvelle du week-end dernier, en Ukraine. Le 4 avril, plusieurs incendies ont dévasté des massifs forestiers situés dans la zone d’exclusion, autour de la centrale nucléaire accidentée de Tchernobyl. Une centaine d’hectares se seraient ainsi consumés. Selon un scientifique local, les feux auraient remis des poussières radioactives en suspension dans l’air. Affirmation démentie par le gouvernement ukrainien, lundi 6 avril.

balises muettes

Aucune hausse de la radioactivité ambiante n’a été mesurée, ni dans les villes voisines de la zone interdite, ni à Kiev, la capitale. La balise de détection de rayonnements gamma, installée sur le toit de l’ambassade de France, n’a relevé aucune élévation du débit de dose, indique l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN), dans un communiqué.

Le risque d’une pollution radioactive en France doit-il néanmoins être écarté? Pas forcément. En 2002, les fumées d’importants feux de forêts, en Biélorussie, en Ukraine et en Russie, ont libéré des poussières chargées de césium 137. Présents à l’état de traces, ces radioéléments ont été détectés par le réseau de mesures d’aérosols Opéra durant l’été 2002.

vent d'est

Au plus «fort» de cet épisode de pollution, l’activité maximale mesurée en France a été, durant quelques jours, de 1,5 microbecquerel par mètre cube d’air (µBq/m3), soit un millionième de becquerel[1]. Habituellement, l’activité moyenne du césium 137 dans l’air oscille entre 0,4 et 0,6 (µBq/m3), indique l’IRSN.

L’institut basé à Fontenay-aux-Roses estime que les masses d’air provenant d’Ukraine devraient atteindre l’est de la France dans la soirée du 7 avril. Les balises de mesure de la radioactivité pourront alors déterminer la contribution radiologique des derniers feux de Tchernobyl.



[1] Le becquerel est une unité de mesure de la radioactivité. Un becquerel équivaut à une désintégration par seconde.