Les députés européens veulent une politique durable pour l’Arctique

Le 21 janvier 2011 par Célia Fontaine
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L'Union européenne doit élaborer une politique commune et claire vis-à-vis du Grand Nord (Arctique), estime le Parlement européen dans un communiqué du 20 janvier.

Pourquoi cette région mérite-t-elle plus d’attention de la part de l’Europe ? Entre la fusion des glaces, la vulnérabilité de ses biotopes et la course mondiale à l'exploitation de ses ressources (pétrole, gaz et pêche), nombreuses sont les raisons de s’intéresser au Grand Nord.

Une récente étude franco-américaine[1] sur l’Arctique publiée dans la revue Nature Geoscience met en évidence un phénomène inquiétant : lorsque la banquise fond, le soleil a plus d'action sur l'eau et détoxique l'océan en détruisant des molécules contenant du mercure (Hg)[2]. Résultat, ce métal lourd se retrouve dans les eaux de l’océan et se transforme en une toxine, le méthyle-mercure (CH3Hg), qui peut être ingérée par les organismes vivants. « Cette substance s'accumule tout au long de la chaîne alimentaire et peut atteindre en bout de chaîne des concentrations un million de fois plus fortes que celles mesurées dans les eaux de surface », précisent les chercheurs.

Outre cette pollution, les vastes possibilités d’exploitation du pétrole dans la région[3] risquent également de mettre à mal son équilibre environnemental. « Il est de la responsabilité des Etats de l'Arctique de s'assurer que les compagnies pétrolières internationales opèrent avec la technologie nécessaires pour prévenir les déversements de pétrole, comme ce fut le cas pour la catastrophe BP qui a frappé le Mexique l'an dernier », met en garde la résolution rédigée par Michael Gahler (PPE, DE).

C’est pourquoi les députés souhaitent qu’une réglementation soit prise à compter du 1er août 2011, similaire à celle qui interdit l'utilisation et le transport des fiouls lourds à bord des navires transitant par la zone Antarctique. Ils demandent à l'UE d'imposer un régime strict limitant les émissions de suie et l'utilisation de fiouls lourds sur les navires faisant escale dans les ports de l'UE avant leur voyage à travers les eaux de l'Arctique. A noter qu’une résolution alternative proposée par le groupe GUE/NGL appelant à un moratoire sur l'exploitation industrielle dans la région arctique pour des raisons environnementales a été rejetée.

Malgré trois Etats membres de l'UE situés dans la zone Arctique (Danemark, Finlande et Suède), l'Union ne s’implique pas suffisamment dans le Conseil de l'Arctique, forum intergouvernemental clé qui comprend déjà les Etats-Unis ou la Fédération de Russie, estiment les députés. Ils soulignent « les avantages de l'adhésion de l'Islande, qui transformerait l'Union en une entité côtière de l'Arctique et permettrait de consolider la présence de l'UE dans le Conseil de l'Arctique ».



[1] Avec notamment des chercheurs du CNRS, et de l'Institut de recherche pour le développement (IRD)

[2] Le mercure se trouve essentiellement sous forme gazeuse dans l'atmosphère, il émane des émissions industrielles et il est porté par les courants atmosphériques vers les zones polaires

[3] Le Parlement rappelle qu'environ 1/5e des ressources mondiales d'hydrocarbures non découvertes s’y trouvent



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