Les déplacés climatiques: des migrants intérieurs en constante augmentation

Le 24 mai 2013 par Marine Jobert
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Des déplacés au Nord-Kibu, en 2007.
Des déplacés au Nord-Kibu, en 2007.
©Nicolas Postal

Ce sont (officiellement) 32,4 millions de personnes, dans 82 pays, qui ont dû quitter leur lieu de vie à cause de phénomènes climatiques et météorologiques. 98% des personnes déplacées l’ont été dans des pays en développement, selon l’observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), qui fait partie du Conseil norvégien pour les réfugiés. Ces chiffres en constante augmentation rendent essentiellement compte de déplacements au sein des pays touchés par les avanies météorologiques. «Un nombre moins élevé de déplacements s’opèrent au-delà des frontières, mais ce nombre n’a pas été quantifié», précise l’IDMC. Par rapport à 2011, le nombre de déplacés a doublé en 2012, quand la part des déplacement dus à un tremblement de terre ou à une éruption volcanique ont, eux, fortement chuté (680.000 personnes). Depuis les débuts de cet observatoire, en 2008, 144 millions de personnes ont été déplacées dans le monde suite à des catastrophes naturelles.

 

68% des déplacés vivent en Asie (22,2 millions de personnes déplacées). C’est l’Inde (6,9 millions) et le Nigeria (6,1 millions) qui paient en 2012 le plus lourd tribut. Les pays les plus touchés cumulent souvent plusieurs fléaux, comme des conflits armés ou une insécurité alimentaire chronique –Nigeria, Pakistan ou Sud-Soudan- qui rendent les populations plus vulnérables et créent «un ensemble de facteurs de risque ‘propices’ à leur déplacement», décrypte Clare Spurell, porte-parole de l’IDMC. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes personnes qui sont déplacées depuis des années, «ce qui diminue leurs chances de réhabilitation et les fragilise encore davantage face aux catastrophes à venir».

 

Les Etats-Unis font désormais partie des 10 pays du monde les plus touchés par ces nouveaux déplacements de population, 900.000 personnes ayant dû quitter leur foyer en 2012 (suite à l’ouragan Sandy et à des incendies de forêt). En Europe, 74.000 personnes ont été déplacées (inondations en Russie, tremblements de terre en Italie, inondations et incendies en Espagne). Des catastrophes toutefois peu comparables avec celle qui a touché Haïti (l’équivalent de 19% de sa population a été affecté), où des centaines de milliers de personnes vivent encore dans des conditions de fortune trois ans après le séisme. «De nombreuses personnes se retrouvent bloquées dans une situation de déplacement prolongé, note le rapport. La destruction de leur maison et de leurs moyens de subsistance empêche en effet tout retour.» «Les informations dont nous disposons sont faussées car elles ne se concentrent souvent que sur les personnes les plus visibles, celles qui trouvent refuge dans les sites ou dans les camps d’évacuation officiels», déplore Clare Spurell, porte-parole de l’IDMC. L’observatoire appelle les Etats à consolider ces informations, pour mieux identifier les besoins et concevoir des solutions. 

 

 



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