Les déchets pèsent aussi dans la campagne

Le 28 février 2020 par Stéphanie Senet
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Débat parisien sur la prévention et la gestion des déchets dans la ville
Débat parisien sur la prévention et la gestion des déchets dans la ville

Prolongeant les débats nationaux engagés autour de la loi sur l’économie circulaire, les candidats aux municipales ont musclé leur programme en matière de déchets. A Paris notamment.

Ce 22 février, ils sont six à pousser la porte des Halles civiques, dans le parc de Belleville. Invités par l’association Zero Waste France, ils viennent présenter le programme des principaux candidats à la mairie en matière de déchets. Devant une salle comble, réunissant plus d’une centaine de Parisiens. 

Anne Hidalgo face à son bilan

Paul Simondon (liste Anne Hidalgo, PS) a joué la carte du bon bilan, en citant l’exemple des Trilib, ces déchèteries mobiles qui doivent poursuivre leur déploiement pour compter 1.000 sites dans la capitale. Plusieurs candidats ont rétorqué que Paris était sale et que les poubelles débordaient.

Opposé à la tarification incitative, par crainte des dépôts sauvages, le maire adjoint à la propreté souhaite généraliser l’utilisation des couches compostables dans toutes les crèches, qui en absorbent 10 millions par an. Il veut aussi généraliser la collecte séparée des biodéchets, déjà mise en place dans 3 arrondissements, et «sortir des plastiques à usage unique avant l’échéance de 2040 fixée dans la loi sur l’économie circulaire». En s’appuyant sur le JO de 2024 pour « accélérer la transition ».

Composteurs et ressourceries pour les Verts

Vincent Goulin (Liste David Belliard, EELV) veut «sortir les biodéchets des ordures résiduelles pour les composter» et installer une ressourcerie par quartier, soit une centaine dans la capitale, pour leur valorisation de déchets mais aussi leur création de lien social et d’emplois. Autre proposition : généraliser les ambassadeurs zéro déchet dans les quartiers populaires et sensibiliser les commerçants au vrac et les restaurateurs à la collecte de leurs biodéchets.

LFI contre les multinationales

Danielle Simonnet (tête de liste LFI) veut faire en sorte que «les déchets ne constituent plus un revenu pour les mutlinationales», axant son programme sur la réduction des déchets du bâtiment et de la restauration. Elle mise aussi sur l’essor des ateliers de réparation.

Villani remunicipalisera le Syctom

Isabelle Saporta (liste Cédric Villani) veut surtout remunicipaliser l’actuelle agence métropolitaine de gestion des déchets (Syctom). Danielle Simonnet lui a rappelé que le projet de reconstruction d’un incinérateur à Ivry Paris XIII, confié à Suez par le Syctom, avait été soutenu par tous les partis sauf LFI et EELV uniquement.

LREM cherche des modèles économiques

Le banquier Philippe Zaouati (liste Agnès Buzyn, LREM) veut doubler la fréquence de collecte des recyclables, quitte à réduire celle des ordures ménagères résiduelles. Il propose aussi de «créer de nouveaux modèles économiques» de recyclage, notamment pour les mégots, en s’appuyant sur une expérimentation bretonne.

LR dit adieu aux gobelets en plastique

Aurélien Véron (liste Rachida Dati, LR) veut quant à lui «mettre des puces sur les poubelles» pour faire payer les plus gros producteurs et «changer de culture en matière de déchets, de façon ludique, en associant les enfants». Sans oublier de supprimer les gobelets en plastiques des cafétérias réservées aux employés de la ville.

Budget facultatif

Interrogés par le JDLE sur le budget consacré à ces programmes, deux seuls candidats ont répondu. Paul Simondon a affirmé que 600 millions d’euros étaient consacrés chaque année à la gestion des déchets et au traitement des eaux usées, sans toutefois préciser quelle part était consacrée à la prévention. Vincent Goulin a ajouté que zéro euro était actuellement consacré à l’économie circulaire. Une situation qu’il propose de corriger avec 5% de l’enveloppe totale. Soit 23 M€ par an.