Les déchets électroniques grimpent de 21% en 5 ans

Le 02 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Doublement prévu entre 2014 et 2030
Doublement prévu entre 2014 et 2030

53,6 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques (DEEE) ont été générés dans le monde en 2019, selon le rapport publié ce 2 juillet par l’université des Nations unies. Soit 7,3 kilogrammes par personne. Les climatiseurs et frigidaires enregistrent la plus forte hausse.

Miroirs de notre consommation, les déchets électriques ont électroniques poursuivent invariablement leur croissance annuelle. Représentant 53,6 Mt l’an dernier au niveau mondial, ils ont pesé davantage que tous les adultes européens réunis.

Mine d’or…

Des déchets qui s’avèrent toujours aussi peu valorisés. Seuls 17,4% de cette production globale ont été collectés et recyclés, le reste étant enfoui ou tout simplement brûlé. Alors qu’ils renferment de l’or, de l’argent, du cuivre, du platinum et d’autres métaux rares pour une valeur estimée à la louche autour de 57 Md$ (50,5 Md€).

… et de GES

Ils enferment aussi des substances nocives à l’environnement, dont du mercure (au moins 50t/an[1]), des retardateurs de flamme bromés (71.000t[2]), des chlorofluorocarbures (CFC) et hydrochlorofluorocarbures (HFC).

Les frigidaires et climatiseurs usagés ont rejeté dans l’atmosphère 98 Mt eq CO2 de gaz à effet de serre en l’absence d’un traitement spécifique. Soit 0,3% des émissions mondiales à eux seuls (AIE, 2019).

L’Européen en tête

Sans surprise, l’Asie reste, en tonnages, le premier continent producteur (24,9 Mt) devant l’Amérique (13,1 Mt), l’Europe (12 Mt), l’Afrique (2,9 Mt) et l’Océanie (0,7 Mt).

Mais l’Europe est la plus grande productrice par habitant (16,2 kg). Elle est aussi celle qui recycle le mieux les DEEE (42,5%) tout en exportant 15% de sa production chaque année hors UE. Elle est talonnée par l’Océanie (16,1 kg). Plus loin, on trouve l’Amérique (13,3 kg), l’Asie (5,6 kg) et l’Afrique (2,5 kg).

Hausse de 21% en 5 ans

Surtout, la production des déchets s’emballe. Une hausse moyenne de 21% a ainsi été enregistrée entre 2014 et 2019 au niveau mondial. Une progression record touche les climatiseurs et frigidaires (7%), tandis que les ventes de grands appareils (électroménager) se sont accrues de 5%, les petits équipements et les lampes de 4%, les équipements de télécommunications de 2%. Seuls les déchets d’écrans et de moniteurs ont fléchi de 1%.

En France, les DEEE ménagers et professionnels relèvent d’une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) depuis 2005-2006. La nouvelle loi sur l’économie circulaire les oblige désormais à afficher un indicateur de réparabilité à partir de 2021, en cours d’élaboration par l’Agence de la transition écologique.

 

Trois fois plus vite que la population

«Les déchets électriques et électroniques ont augmenté trois fois plus vite que la population mondiale et 13% plus vite que le PIB mondial au cours des 5 dernières années», observe Antonis Mavropoulos, président de l’association internationale des déchets solides (ISWA). «Cette hausse accentue les pressions sur l’environnement et la santé et démontre la nécessité d’opérer une quatrième révolution industrielle qui soit circulaire», poursuit-il.

Plus forte croissance de déchets

Côté régulation, davantage de pays ont pris des mesures. 78 sont désormais dotés d’une règlementation ou d’une politique nationale (71% de la population mondiale), contre 61 en 2014. Cette évolution ne  contient pas la croissance du tonnage des DEEE. Nous devrions en produire 74,7 Mt en 2030. Soit 9 kg par habitant, et deux fois plus qu’en 2014. C’est le flux de déchets qui augmente le plus vite au monde, à cause de taux d’équipement élevés, de faibles durées de vie des produits et du manque d’options de réparation.

 

 

 



[1] Dans les flux non réglementés

[2] Dans les flux non réglementés