Les déchets de Fukushima: un travail d’Hercule

Le 26 avril 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus on décontamine, plus on produit de déchets radioactifs.
Plus on décontamine, plus on produit de déchets radioactifs.
VLDT

Aucune solution définitive n’existe encore pour gérer les millions de tonnes de déchets contaminés par les retombées de Fukushima.

Sur le papier, le Japon s’est rapidement mis en ordre de bataille. Dès août 2011, 5 mois après la catastrophe, Tokyo promulguait une loi relative à la gestion des déchets de Fukushima.

Le texte définit plusieurs catégories de déchets: sols et produits organiques issus des travaux de décontamination, déchets ménagers ou industriels faiblement contaminés, débris du séisme et du tsunami produits dans la zone contaminée de la préfecture de Fukushima. Voilà pour la catégorie dite des «specified wastes».

Dans les autres préfectures, les déchets contaminés sont mis dans le même sac. C’est plus simple. Mais un certain flou artistique règne quant à leur devenir.

28 à 55 millions de mètres cubes

Pour le moment, aucune solution définitive n’a encore vu le jour. La loi nippone prévoit la construction d’un ou de plusieurs centres d’entreposage, baptisés Interim Storage Facility (ISF). Ces installations devront abriter de 28 à 55 Mm3 de déchets radioactifs[1]. Pas étonnant, dès lors, que les collectivités soient réticentes à accueillir pareille installation.

Les déchets combustibles faiblement contaminés devront être dirigés vers des incinérateurs spéciaux (ou équipés de filtres) pour réduire leur volume. Si leur activité est inférieure à 100.000 Bq/kg, leurs cendres seront ensuite stockées dans des décharges contrôlées. Sinon, elles prendront la direction des futurs ISF, à condition qu’ils voient le jour.

En attendant que la situation se décante, tous ces déchets sont stockés dans des big bags de chantiers. Ces gros sacs sont ensuite entreposés dans des kari oki ba, des sites temporaires souvent situés au bord des routes.

Les choses pourraient toutefois évoluer favorablement. En février 2015, les édiles de deux villages situés en zone contaminée, Okuma et Futuba, ont donné leur aval à la construction d’un ISF. Selon l’Asahi Shimbun, l’installation s’étendra sur une quinzaine de kilomètres carrés. De quoi accueillir une cinquantaine de millions de mètres cubes de déchets radioactifs. La durée des travaux est fixée à 18 mois. Reste à savoir quand seront donnés les premiers coups de pioche. Et si les camions japonais seront assez nombreux pour assurer ces millions de rotations.

 

 



[1] La France doit actuellement gérer 1,4 Mm3 de déchets radioactifs.

 



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