Les décharges illégales d’amiante en procès

Le 17 avril 2014 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le site de Gerlero à Saint-Alban en 2011
Le site de Gerlero à Saint-Alban en 2011

Le procès de la société Gerlero, poursuivie pour l’enfouissement illégal d’au moins 600 tonnes de déchets amiantés, s’est tenu ce 17 avril au tribunal correctionnel de Toulouse. Le procureur a requis 18 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende pour chacun des deux gérants.

 

L’affaire Gerlero a été révélée en février 2011, lorsque l’inspection du travail découvre la présence de 500 tonnes de déchets amiantés sur le site de Saint-Alban (Haute-Garonne), à proximité d’une crèche, d’habitations et d’immeubles de bureaux. Selon des salariés, le stockage et l’enfouissement frauduleux auraient démarré en 2002.

L’enquête menée par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) révèle que des déchets ont été enfouis sur au moins 4 sites: à Saint-Alnan, mais aussi dans le lac de Lalande à Bessens, ainsi qu’à Toulouse, dans une impasse se trouvant sur le lit majeur d’un cours d’eau, et à Lamagistère.

Aujourd’hui, Jean Gerlero (gérant de fait, l’enquête ayant révélé qu’il donnait les ordres) et son fils Thierry Gerlero (gérant de droit) se retrouvent sur le banc des accusés pour 9 chefs d’inculpation, dont le stockage illicite de déchets dangereux et la mise en danger de la vie d’autrui.

La justice leur reproche d’avoir exposé aux dangers de l’amiante, en toute connaissance de cause, 8 salariés, qui n’ont jamais été formés, ni équipés, pour traiter ces déchets dangereux.

Parmi les 49 parties civiles, on retrouve les 8 salariés travaillant sur les chantiers, la CGT, la commune de Saint-Alban, le syndicat mixte de gestion des eaux, France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées, et des entreprises de démolition, anciennes clientes de la société Gerlero.

Aujourd’hui en liquidation, «la société Gerlero était dans les années 2000 l’un des leaders du traitement des déchets amiantés en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne», rappelle au JDLE Hervé Hourcade, juriste de FNE Midi-Pyrénées. Ce qui explique l’ampleur du désastre.

 

Une partie seulement des déchets évacuée

Tous les déchets amiantés n’ont pas été récupérés. Seules les 600 tonnes stockées à ciel ouvert à Saint-Alban ont été évacuées, aux frais de la société Gerlero. Mais ce site en comporte aussi 1.700 mètres cubes, stockés jusqu’à 3 mètres de profondeur, selon l’enquête de l’Oclaesp. Par ailleurs, les déchets enfouis dans le lac de Bessens, dans le sous-sol de l’impasse toulousaine et du site de Lamagistère, s’y trouvent toujours, selon FNE Midi-Pyrénées. La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) devrait ordonner leur retrait et déclarer une servitude d’utilité publique sur ces sites.

«On a demandé une décision exemplaire ainsi que sa publication pour dissuader les pratiques frauduleuses», affirme Hervé Hourcade. «Dans la région, on est très souvent alerté par la présence de décharges illégales comportant des gravats et de l’amiante-lié mais les plaintes sont rarement suivies d’une enquête», poursuit-il.

A la fin de l’audience, le procureur a requis, ce 17 avril, une peine de 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de Jean et Thierry Gerlero, 50.000 € d’amende et l’interdiction d’exercer une activité en lien avec l’amiante. Le jugement est mis en délibéré au 26 juin.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus