Les dangers de l’effondrement de la diversité alimentaire

Le 29 mai 2013 par Marine Jobert
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Six espèces de vaches laitières.
Six espèces de vaches laitières.
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La 6e crise d’extinction en cours touche aussi les animaux et les plantes domestiques, mettant en danger la diversité génétique de ce qui constitue la base de l’alimentation humaine sur toute la planète. «La bonne nouvelle, c’est que le rythme auquel ces espèces déclinent ralentit. Mais les dernières données font état d’un risque d’extinction de 22% des races d’élevage», a déclaré en début de semaine Abdul Hamid Zakri, le nouveau président de la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), cette structure appelée à devenir le Giec[1] de la biodiversité [JDLE].

 

La variété des espèces diminue essentiellement à cause de l’industrialisation de l’alimentation, subventionnée par les Etats. En à peine 100 ans, 75% de la diversité génétique a été perdue à travers le monde, les agriculteurs optant pour des espèces génétiquement uniformes et à haut rendement, au détriment des variétés locales. L’IPBES recense 30.000 plantes comestibles à la surface de la terre; mais seulement 30 espèces suppléent aux besoins alimentaires de 95% des humains (les deux tiers de l’énergie consommée étant fournie par les seuls riz, blé, maïs, millet et sorgho). «Le déclin de la diversité des cultures et des animaux advient en même temps que la nécessité d’augmenter de façon conséquente la production alimentaire mondiale et alors qu’un environnement changeant rend plus nécessaire que jamais d’avoir un réservoir génétique qui permette aux organismes de résister et de s’adapter aux nouvelles conditions», a expliqué Abdul Hamid Zakri.

 

Des constats partagés par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui, dès 2008, s’alarmait que 12 espèces végétales et 14 espèces animales assurent désormais l’essentiel de l’alimentation de la planète. «Environ les trois quarts de la diversité génétique variétale des plantes cultivées ont disparu au cours du dernier siècle et des centaines de races animales sur les 7.000 recensées dans ses bases de données sont à risque d’extinction.» L'importance des races indigènes pour l'agriculture est pourtant admise: elles sont adaptées aux conditions locales. «Dans un monde menacé par le changement climatique, les races résistantes à la sécheresse, à la chaleur extrême ou aux maladies tropicales ont un rôle potentiel fondamental», notaient 80 pays réunis pour une conférence internationale consacrée au plan d'action mondial sur les ressources zoogénétiques, qui s’est tenue en octobre 2012.

 

 


[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.

 

 

 



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