Les dangereuses aventures du Flaminia

Le 20 août 2012 par Geneviève De Lacour
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Personne ne veut voir accoster le Flaminia.
Personne ne veut voir accoster le Flaminia.
Marine Nationale

Le MSC Flaminia, porte-conteneur de 299 mètres de long battant pavillon allemand, a été victime, le 14 juillet dernier, au sud-ouest de la Manche, d’un incendie puis d’une explosion. Le navire, parti du port de Charleston (Caroline du Sud, Etats-Unis), faisait route vers Anvers (Belgique) lorsqu’un incendie a ravagé une partie de la cargaison entreposée au milieu du pont. Deux marins ont péri, trois autres ont été blessés et l'équipage a été évacué.

Actuellement localisé dans les eaux internationales, à 300 milles nautiques de l’île d’Ouessant et 250 milles au large de la Cornouaille anglaise, le MSC Flaminia transporte 2.876 conteneurs et plusieurs milliers de tonnes de fioul de propulsion. Selon le ministère de l’écologie, 37 de ces conteneurs seraient remplis de produits chimiques, représentant ainsi un risque de pollution.

Le 10 août dernier, les services de l’Etat étaient dans l’attente de documents techniques de la part de l’armateur, sur la flottabilité du navire, la maîtrise de l’incendie et l’état de la cargaison. «Sans qu’il soit pour l’instant question de l’accueillir dans les eaux territoriales françaises, expliquent les ministres, la priorité est d’assurer la sécurité maritime dans des espaces très fréquentés et d’éviter tout risque d’atteinte à l’environnement marin et aux littoraux.»

Mais depuis le 13 août, la société néerlandaise d’assistance, Smit Salvage, dépêchée sur les lieux, a permis d'obtenir des améliorations de la situation du navire. Sa gîte a été progressivement corrigée, passant le 13 août de 10° à 7° et le 15 août à 2,5°. De même, la température à bord a sensiblement diminué et l'on constate une disparition progressive des fumées, ce qui laisse présager une maîtrise quasiment complète de l'incendie à bord. Aucune trace de fuite ou de rejet en mer, notamment de fioul, n'a été détectée.

Le ministère de l’écologie affirmait de son côté: «Les informations données par la société Smit Salvage, société d’assistance, et corroborées par les autorités françaises et britanniques permettent désormais d'envisager avec plus de sérénité une solution prochaine». Solution qui serait, selon les dires du ministère, actuellement discutée par les autorités maritimes en lien avec l'armateur, la société d'assistance et les infrastructures portuaires concernées. Cette solution «de long terme consisterait, au final, à remorquer le navire dans un port européen disposant de toutes les infrastructures nécessaires pour mettre en œuvre d'importants travaux de réparation», ou de démantèlement. En fonction des informations disponibles sur l'état du navire, se posera ou pas la question de l'opportunité d'un accueil intermédiaire du MSC Flaminia dans un port ou dans une zone-refuge situés sur les côtes françaises.

L'incendie qui s'est déclaré à bord et la nature de la cargaison exigent de procéder par étapes et de s'assurer d'abord de l'absence de risque pour la sécurité et l'environnement, puis de la capacité du navire à résister à un voyage avant d'envisager un refuge intermédiaire, affirmait le ministère.

«Le feu semble maîtrisé, il n’y a presque plus de fumée. Il ne représente aucun danger immédiat, il n’existe aucun critère d’urgence pour ramener ce bateau dans une zone-refuge. Il peut faire face aux conditions météo qui s’annoncent», expliquait, le préfet maritime de l’Atlantique lors d’une interview réalisée le 15 août dernier. Le préfet ajoutait que «ce bateau ne bouge pas parce que nous avons demandé des informations sur le plan d’action; sur la résistance du bateau; sur le port de destination finale pour un démantèlement ou la réparation de ce bâtiment et les conditions d’accès à ce port». Jean-Pierre Labonne précisant que les pistes envisagées s’orientaient vers un des ports d’Europe du Nord. «L’armateur négocie actuellement une option avec le port de Rotterdam

Interrogée aujourd’hui 20 août par le JDLE, la préfecture maritime de l’Atlantique espère aboutir à une solution dans la semaine. Elle a été rassurée par les informations transmises par l’armateur allemand concernant la structure du bateau et la cargaison dont la liste a été transmise au Cedre, la gestion des points chauds. Un récent survol montre la disparition de toute fumée. Reste la destination finale qui n’a pas encore été tranchée. L’enseigne de vaisseau Yann Bouvart de la préfecture maritime précise: «Nous avons récemment connu deux dépressions en Atlantique et le navire a dû s’éloigner vers l’ouest. Maintenant que la météo est plus clémente, il se rapproche, remorqué par deux navires italiens et anglais. Nous sommes optimistes puisque les points chauds semblent maitrisés et la gîte rétablie mais nous aimerions que cela aille plus vite».



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