Les DAE passés au crible de l’Ordif

Le 13 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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L’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif) a dévoilé les premiers chiffres de son enquête sur les déchets d’activité économique (DAE), lors d’une matinée technique organisée aujourd’hui 13 décembre à Paris.
 
Les DAE restent encore mal connus. Contrairement aux déchets ménagers, les études à l’échelle nationale ne sont pas légions. L’enquête menée par l’Ordif pour la région francilienne s’avère donc précieuse, d’autant plus qu’elle touche près de 30% des entreprises nationales (29% du PIB).
 
Leur définition s’avère pourtant simple. On entend en effet par déchet d’activité économique, selon l’article R 541-8 du Code de l’environnement, «tout déchet, dangereux ou non dangereux, dont le producteur initial n’est pas un ménage». Les DAE sont donc essentiellement produits par les entreprises.
 
S’ils sont difficiles à décrire précisément, c’est parce qu’ils regroupent des flux de plusieurs natures, traitées dans des installations différentes. «On trouve dans les DAE des déchets dangereux, non dangereux et inertes. Au total, cela représente plus de 370 entrées dans la nomenclature Déchets», rappelle Florian Lacombe, chef de projet DAE à l’Ordif.
 
Les premiers chiffres de l’enquête, qui doit bientôt être publiée, révèle que 3 millions de tonnes de DAE provenant de l’Ile-de-France ont été traités en 2008 (déchets non dangereux, non inertes et non issus du BTP). L’Ordif s’est basé sur son enquête Itom (installations de traitement des ordures ménagères) menée pour l’Ademe, sur les exportations de déchets, ainsi que sur les statistiques des recycleurs et des récupérateurs. Il s’agit donc essentiellement d’une approche basée sur les exutoires.
 
En majorité, ces déchets sont produits par les gros employeurs d’Ile-de-France (La Poste, Air France, Renault, PSA, BNP Paribas, Carrefour).
 
20% des DAE sont par ailleurs collectés par le service public, avec les ordures ménagères.
 
Premier constat: leur valorisation matière reste faible. Sur les 3 millions de tonnes de DAE, 50% ont été destinées aux installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND), 13% à l’incinération et 25% seulement au recyclage. Dans ce dernier cas, il s’agit surtout des biodéchets (dont la réglementation impose la collecte pour les gros producteurs à partir du 1er janvier 2012), des papiers-cartons, et du bois. «L’objectif de 75% de recyclage matière pour 2012 concerne pourtant les entreprises», rappelle Valérie Plet, chargée de mission Déchets à l’Ademe IDF. Preuve que les DAE représentent de réels enjeux. Des bonnes pratiques ont d’ailleurs été identifiées en 2010 par l’Agence (préférence aux gros conditionnements, réduction des chutes de process). Enfin, 2% des DAE franciliens ont été exportés pour traitement en Picardie, en Bourgogne et dans la région Centre.
 
Deuxième constat: les flux sont volatiles. «En 2004, nous avions identifié 6,4 millions de tonnes de DAE, ce qui prouve qu’en 4 ans, plus de 3 millions de tonnes sont désormais orientées vers les flux d’ordures ménagères et vers d’autres filières de recyclage», estime Florian Lacombe.
 
Troisième constat: la prévention doit se développer. C’est d’ailleurs l’objectif du Plan régional de réduction des déchets d’IDF (Predif), qui a été conclu dans le cadre d’un accord avec l’Ademe pour la période 2010-2014.
 
Enfin, les témoignages d’entreprises présentes à cette matinée technique ont montré que leurs réticences étaient liées au coût de traitement, qu’elle juge trop élevé, surtout lorsqu’il s’agit de PME/PMI.
 
Le tableau précis des DAE reste à finaliser… L’Ordif planche d’ailleurs sur le coût de leur gestion. Son étude devrait sortir au cours de l’année 2012.


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