Les crustacés plombent le bilan carbone de la pêche

Le 04 avril 2018 par Stéphanie Senet
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Les émissions de la pêche ont bondi de 28% entre 1990 et 2011
Les émissions de la pêche ont bondi de 28% entre 1990 et 2011

En général exclues des évaluations mondiales, les émissions de gaz à effet de serre de la pêche sont enfin précisées dans une étude publiée le 2 avril dans la revue Nature climate change.

 

 

Mauvaise nouvelle pour le climat, les émissions de GES issues de la pêche ont bondi de 28% entre 1990 et 2011, selon les chercheurs des universités de Tasmanie (Australie), Colombie-Britannique et Dalhousie (Canada).

Par tonne débarquée, elles ont même augmenté de 21%. Une progression principalement imputable à la hausse de 60% des captures de crustacés, réalisées par des navires très gourmands en carburants.

 

2,2 kg eq CO2 par kg de prises

Basée sur les consommations de carburants et les débarquements de poissons, leur étude évalue les émissions totales du secteur à 179 millions de tonnes équivalent CO2 en 2011. Soit 2,2 kilogrammes eq CO2 par kg de poissons et d’invertébrés capturés. Ou encore 4% de la production mondiale de GES de l’élevage et de l’agriculture.

Les flottes de pêche les plus émettrices sont basées en Chine, Indonésie, Vietnam, Etats-Unis et Japon. A eux seuls, ces 5 pays ont représenté environ la moitié des émissions totales du secteur en 2011.

 

Petits pélagiques versus crustacés

Les navires américains ont totalisé le 4e score mondial en terme d’émissions, mais leur flotte affiche toutefois un faible bilan carbone par unité de débarquement (1,6 kg eq CO2/kg capturé), en raison de l’importance des pêcheries de petits pélagiques (Brevoortia patronus et Menhaden de l’Atlantique) et des pêcheries de l’Alaska, moins consommatrices de combustibles fossiles.

A l’inverse, le bilan carbone de la flotte australienne s’avère très lourd (5,2 kg eq CO2/kg capturé) par unité débarquée à cause de l’importance des navires capturant les crustacés, en particulier les homards et les crevettes.

De son côté, la pêche non alimentaire (production de tourteaux pour l’aquaculture et le bétail) totalise tout de même 15% des émissions totales du secteur en 2011 tandis que les captures pour la fabrication d’huiles et de farines en représentent 4%. Autant de conclusions qui devraient être prises en compte lors de l’élaboration de tout plan de gestion de pêche. 

 



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