Les crevettes d’eau douce n’aiment pas (non plus) les néonicotinoïdes

Le 16 mai 2013 par Marine Jobert
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Gammarus Pulex une source importante de nourriture pour divers organismes aquatiques.
Gammarus Pulex une source importante de nourriture pour divers organismes aquatiques.
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Gammarus Pulex -une espèce de crustacé qui vit dans les eaux douces, calcaires et propres- est également sensible à l’exposition à l’imidaclopride, une substance active de la famille des néonicotinoïdes. Ces pesticides viennent d’être partiellement interdits, pour deux ans, par la Commission européenne [JDLE] à cause de leurs effets délétères sur les colonies d’abeilles et les insectes pollinisateurs. Une étude publiée hier 15 mai dans la revue PLoS ONE met en évidence que l’exposition des gammares à cet insecticide, assez soluble mais peu biodégradable dans l’eau, bouleverse leur façon de s’alimenter: exposés à certaines concentrations et à des moments précis de leur cycle, les crustacés meurent de faim.

 

L'équipe d’Anna-Maija Nyman, de l'institut de recherche sur l'eau des écoles polytechniques fédérales, a exposé les organismes à des doses élevées ou faibles d’imidaclopride, sur des périodes de 14 ou de 21 jours. «L’alimentation et la teneur en lipides ont été significativement réduites lors de l’exposition à une faible concentration (15 microgrammes par litre). Les organismes n’étaient plus capables de se mouvoir et de se nourrir, engendrant une mortalité après 14 jours d’exposition continue», décrit Anna-Maija Nyman, qui met en cause l’action perturbatrice du produit neurotoxique sur les fonctions motrices et alimentaires des crustacés.

 

«Par contraste, l’alimentation et la teneur en lipides n’ont pas été affectées lors des pics répétés d’imidaclopride [d’une durée d’un jour]. Pendant ces traitements, les animaux étaient pour la plupart immobiles lors des pics chimiques, mais se remettaient relativement vite après avoir été transférés dans de l’eau propre. Nous avons également mené une expérience de diète, sans exposition à l’imidaclopride, qui a montré que la diète seule ne peut pas expliquer la mortalité lors de l’exposition continue au produit.» Cette lente agonie sous l’effet d’une exposition faible mais chronique aux néonicotinoïdes n’est pas décelée par les tests de toxicité classiques, car ils ne sont pas réalisés sur la durée de plusieurs semaines qui serait nécessaire, note un communiqué d’Eawag, un institut suisse travaillant dans le domaine de l’eau et des systèmes aquatiques.

 

La saison à laquelle les gammares sont exposés –novembre, puis février dans cette étude- est d’importance, car leurs réserves adipeuses influent fortement sur les résultats des tests. «Pour éviter ces interférences et déterminer les processus agissant en complément de la perturbation trophique sur la survie des organismes exposés, l’équipe de chercheurs a développé un modèle mathématique [qui] permet de prédire les concentrations et les durées d’exposition dangereuses pour les organismes étudiés», précise l’Eawag.



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