Les crèmes solaires, ennemies de la fertilité?

Le 17 novembre 2014 par Romain Loury
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Plus difficile de faire un enfant dans le dos
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Certaines crèmes solaires seraient liées à des problèmes de fertilité masculine, révèle une étude publiée dans l’American Journal of Epidemiology. En cause, la présence de benzophénones, des perturbateurs endocriniens.

Principes actifs des crèmes solaires, les benzophénones agissent comme filtres à rayons ultraviolet. Or si ces produits sont recommandés pour prévenir le cancer de la peau, leurs composants sont suspectés d’entraîner d’autres problèmes sanitaires. Car comme bien d’autres molécules présentes dans les produits cosmétiques, les benzophénones sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, en agissant comme des agonistes d’œstrogènes.

Agonistes d’oestrogènes

Ils pourraient même entraîner des problèmes de fertilité masculine, comme le révèle une étude menée sur 501 jeunes couples américains par l’équipe de Rajeshwari Sundaram, de l’Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development (Rockville, Maryland). Les chercheurs ont analysé la concentration de benzophénones dans l’urine, la comparant au délai avant conception, après l’arrêt de la pilule.

Résultat, les couples dont le partenaire masculin présente beaucoup de benzophénones dans son urine rencontrent bien plus de difficultés à concevoir un enfant. Chez les 25% d’hommes les plus imprégnés, les chances de conception sont fortement diminuées lors de la première année, de 31% pour la BP-2 et de 26% pour la 4-hydroxybenzophénone.

Un phénomène restreint aux hommes

Les chercheurs n’ont en revanche noté aucun effet pour la BP-3, molécule la plus couramment utilisée, ou pour ses métabolites. De même, le phénomène ne concernait pas les femmes, bien qu’elles soient plus imprégnées que les hommes –élément qui semble refléter la nature œstrogénique de ces produits, plus à même de perturber la physiologie masculine.

Co-auteure de ces travaux, Germaine Louis indique que «la prochaine étape [pour l’équipe] consistera à déterminer comment ces molécules affectent la fécondité du couple et le délai avant grossesse –soit en diminuant la qualité du sperme, soit en empêchant la reproduction par d’autres voies», par exemple en interférant avec la fécondation.

Comme dans l’autres pays industrialisés, la France connaît une chute inquiétante de la qualité du sperme, avec une concentration moyenne de spermatozoïdes passée de 73,6 millions de spermatozoïdes par millilitre (mL) de sperme en 1989 à 49,9 millions/mL en 2005. De 15% à 25% des couples ne parviennent pas à une grossesse au terme d’un an sans contraception.



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