Les cours d’eau français sous haute surveillance

Le 23 août 2010 par Célia Fontaine
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Le Système d’information sur l’eau (SIE), en collaboration avec l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) et ses partenaires, a publié un bilan de l’observation de la qualité des cours d’eau en France menée depuis plusieurs décennies.

Sur fond de contexte réglementaire évolutif, ce bilan permet de « mesurer les efforts de surveillance menés, ainsi que les différentes approches d’évaluation de la qualité (chimique, écologique) de l’eau ».

Le premier état des lieux de la qualité des cours d’eau et de leurs usages remonte à 1971, sept ans après l’adoption de la loi sur l’eau de 1964 qui met en place les comités de bassin chargés d’élaborer la politique de gestion de l’eau. A cette époque, les 132.000 analyses réalisées dans 957 stations de mesure sur les grands cours d’eau et les zones à forte pression humaine et industrielle portent sur 66 paramètres. En 2007, ces chiffres ont explosé. Ce sont 4,6 millions d’analyses qui sont réalisées sur 2.734 stations[1]. Elles concernent 895 paramètres.

Ces « paramètres » sont divers. Sont au départ pris en compte surtout les aspects physico-chimiques de l’eau, comme la température, le potentiel en hydrogène, oxygène, mais aussi nitrates, matières en suspension, etc. Avec le temps et le développement industriel et agricole, les analyses évoluent. « La nouveauté, depuis le début des années 80, ce sont les analyses effectuées sur les matières en suspension et les sédiments (20 % du total des analyses) qui permettent en particulier de mieux mesurer les concentrations en micropolluants organiques et minéraux », précise le document.

Les phytosanitaires (DDT, lindane ou encore aldrine) font en effet leur apparition et de nouveaux paramètres sont recherchés, parmi lesquels les micropolluants organiques (organo-halogénés volatils, hydrocarbures et PolyChloroBiphényles (PCB).

Les règlementations européennes et nationales prises dans les années 1990 renforcent les principes de protection des écosystèmes aquatiques et de concertation entre les usagers et acteurs de l’eau. Les données sur la qualité des milieux aquatiques s’accumulent, c’est pourquoi celles-ci sont fédérées (Réseau national des données sur l’eau en 1992), puis mises à disposition (Banque nationale des données sur l’eau en 1994).

Avec la directive-cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2000, des objectifs environnementaux pour les cours d’eau sont fixés. Le texte vise le bon état des milieux d’ici 2015 et la réduction de la pollution due aux substances chimiques prioritaires. La France, pour respecter les objectifs communautaires, se dote de la loi du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques. Les objectifs d’évaluation portent désormais davantage sur l’état écologique des cours d’eau que sur les usages qui peuvent être faits de l’eau.

« Les paramètres les plus recherchés sont devenus les phytosanitaires (plus de la moitié) et les micropolluants organiques (plus d’un tiers) », indique le bilan. « Ce changement marque la volonté de suivi des substances prioritaires pour répondre aux objectifs de la DCE, mais s’explique aussi du fait des progrès techniques en termes de méthodes analytiques et de l’apparition de nouvelles substances, toujours plus nombreuses. »

Depuis 2007, les réseaux de mesure et les cadres techniques d’évaluation ont subi des refontes importantes. Le Schéma national des données sur l’eau (SNDE) mis en place en 2009 précise le rôle et les responsabilités des producteurs de données et les outils qui composent le Système d’information sur l’eau (SIE). Ce dispositif, piloté par l’Onema, organise la production, le stockage, la valorisation et la diffusion des données sur l’eau.

Cela montre, selon les conclusions de l'étude, que les cours d’eau français sont de plus en plus surveillés, « avec une amélioration accrue des modalités de surveillance ».



[1] Les stations de mesure sont aujourd’hui réparties sur l’ensemble des cours d’eau, y compris dans les départements d’Outre mer.



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