Les coraux des Caraïbes attaqués par un pathogène humain

Le 22 août 2011 par Geneviève De Lacour
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C’est le premier cas prouvé de transmission d’un germe humain à des invertébrés. Selon une étude publiée mercredi 17 août dans la revue scientifique PLoS One, un pathogène humain (Serratia marcescens) se trouvant dans les égouts est la cause de la variole blanche qui menace le corail corne d'élan (Acropora palmata). Un type de corail présent dans les récifs coralliens des Caraïbes.

Selon les scientifiques, la contamination se produirait par le rejet d’eaux domestiques provenant des stations d’épuration ou des nombreux bateaux qui naviguent dans les eaux caribéennes.«C'est la première fois qu'il est établi qu'un pathogène humain est responsable de la destruction d'une population d'invertébrés marins», soulignent les auteurs de cette étude.

Le corail corne d’élan, protégé par la loi américaine, est considéré comme une espèce en danger d'extinction depuis 2006, notamment en raison de cette maladie, sans que l’on sache alors si elle était d'origine humaine.

Afin de déterminer la source de cette bactérie, une équipe du Rollins College en Floride et de l'université de Géorgie a recueilli et analysé différentes souches de Serratia marscencens issues de déjections humaines et de plusieurs autres animaux, tels que des mouettes ou des cerfs. Les analyses génétiques ont montré que seule la souche provenant d'eaux usées humaines correspondait à celle trouvée dans les coraux malades. «Quand nous avons identifié le pathogène Serratia marcescens comme la cause de la variole blanche, nous pouvions seulement spéculer sur le fait que les excréments humains en étaient la source puisque cette bactérie se trouve aussi dans les excréments d'animaux», a expliqué Kathryn Sutherland, biologiste au Rollins College.

Ces chercheurs indiquent qu'ils savaient depuis 2002 que cette bactérie était de la même espèce que celle trouvée chez l'homme. Serratia marcescens, connue pour peupler l’intestin des humains et d’autres animaux, peut aussi provoquer chez des patients affaiblis maladies respiratoires, infections urinaires, méningite et pneumonie.

Pour prouver scientifiquement que la bactérie est nocive pour le corail corne d’élan, les chercheurs ont inoculé en laboratoire ce pathogène à des fragments de corail. «La souche de cette bactérie a provoqué la maladie dans cet échantillon du corail en 5 jours, nous avons donc désormais la preuve irréfutable que les humains sont une source du pathogène responsable de cette maladie dévastatrice pour les coraux», souligne Kathryn Sutherland.

«Ces bactéries ne viennent pas de l'océan, mais de nous», souligne James Porter, professeur d'écologie à l'université de Géorgie, un des co-auteurs de ces travaux.





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