Les contours d’une stratégie d’éducation au changement climatique

Le 16 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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Un enseignement obligatoire dans moins d'un quart des établissements d'enseignement supérieur
Un enseignement obligatoire dans moins d'un quart des établissements d'enseignement supérieur

Dans une tribune publiée le 15 septembre dans le Journal du dimanche, dirigeants d’écoles, enseignants et chercheurs appellent l’Etat à intégrer d’urgence le changement climatique dans les programmes. Une demande reprise dans une proposition de loi qui sera déposée le 19 septembre à l’Assemblée nationale.

C’est un nouveau pavé dans la mare de l’enseignement. «Aucun étudiant ne doit pouvoir valider une formation dans l’enseignement supérieur sans avoir compris les causes, les conséquences du changement climatique, et travaillé à son niveau à l’identification de solutions possibles», écrivent sans détours les professeurs, chercheurs et directeurs d’établissements[1] signataires de la tribune du JDD.

Une stratégie de transition

«Les jeunes sont aujourd’hui volontaires pour jouer leur rôle dans la transition énergétique et écologique mais ils en seront incapables si leurs formations ne leur confèrent pas le savoir et les compétences nécessaires», s’inquiètent-ils. Désireux de faire évoluer les programmes, ils s’avouent «confrontés à des freins administratifs et disciplinaires». C’est pourquoi ils réclament une stratégie de transition de l’enseignement supérieur positionnant le climat comme l’urgence première. Ainsi que l’allocation des moyens nécessaires.    

Alerte en mars

Dans un rapport publié en mars dernier, le groupe de réflexion spécialisé dans la transition énergétique The Shift Project avait dénoncé l’absence phénoménale du changement climatique des cours obligatoires de l’enseignement supérieur (mais aussi du primaire et du secondaire), avec moins d’un quart des 34 établissements analysés en proposant. Constat partagé par les enseignants. Des lacunes aux conséquences fâcheuses puisque les jeunes de 15 à 30 ans opèrent alors de mauvais arbitrages, privilégiant les nouvelles technologies à l’isolation des bâtiments par exemple. Ce rapport n’avait pas fait bouger d’une ligne le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche malgré l’appel à une stratégie nationale digne de ce nom.

Les députés dans leur sillon

Les députés Matthieu Orphelin, Delphine Batho et Cedric Villani ont annoncé, ce 16 septembre, qu’ils avaient rédigé une proposition de loi dans ce sens. Le texte, qui sera déposé le 19 septembre à l’Assemblée Nationale, «demande l’intégration obligatoire et interdisciplinaire du changement climatique dans les projets d’établissements», confie au JDLE Matthieu Orphelin. Parmi les autres propositions: la nomination d’un vice-président à la transition écologique dans chaque conseil d’administration des établissements de l’enseignement supérieur. Comme c’est déjà le cas pour la transition numérique. «Les étudiants sont très demandeurs d’un enseignement sur le climat, comme ils l’ont rappelé dans leur manifeste pour un réveil écologique et lors de leurs mobilisations pour le climat. Les professeurs et les directeurs d’établissements viennent de montrer qu’ils sont prêts», conclut le député du Maine-et-Loire.



[1] Dont HEC, l’Essec, Sciences Po Paris, Université Paris Dauphine, Polytechnique, Mines Paris Tech, ESCP 

 



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