Les consommateurs de bio moins souvent obèses

Le 23 octobre 2013 par Romain Loury
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14% de surpoids en moins chez les mangeurs de bio
14% de surpoids en moins chez les mangeurs de bio

Qu’ils soient occasionnels ou réguliers, les consommateurs de produits bio sont moins souvent en surpoids que le reste de la population, révèle une nouvelle analyse de l’étude française NutriNet-Santé publiée dans la revue PLoS ONE.

Coordonnée par l’Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Uren, Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13), NutriNet-Santé a pour but d’étudier les comportements alimentaires des Français, ainsi que les liens entre nutrition et santé. Lancée en mai 2009, elle a déjà recruté plus de 250.000 participants sur les 500.000 «Nutrinautes» prévus.

Parmi eux, un sous-échantillon de 54.311 personnes a répondu à un questionnaire spécifique sur les produits bio. Pour 18 catégories de produits, dont 16 de type alimentaire (les 2 autres étant les cosmétiques et les textiles), ces personnes devaient indiquer à quelle fréquence elles consommaient du bio ou du conventionnel.

Finalement, les chercheurs de l’Uren ont identifié cinq groupes, dont deux consommant du bio de manière régulière ou occasionnels. Parmi les trois autres groupes, l’un ne se montrait pas du tout intéressé, le deuxième indiquait même les éviter, tandis que le troisième les trouvait trop coûteux.

Parmi les consommateurs réguliers, les hommes sont en général plus jeunes et s’avèrent plus souvent ne jamais avoir fumé que la moyenne des répondants. A la différence des femmes, plus âgées et déclarant plus souvent être d’anciennes fumeuses ayant décroché. Tous sexes confondus, ces accros du bio ont poussé leurs études plus loin et pratiquent plus d’activité physique.

Comparées à celles ne recourant pas au bio, ces personnes mangent nettement mieux équilibré, en particulier les femmes: +31% de fruits, +27% de légumes, +85% de légumes secs, +37% d’huiles végétales, +153% de céréales complètes, -46% de boissons sucrées, -31% de charcuterie et -25% de fastfood. Si leur apport calorique ne diffère pas tant de celui des autres participants, il se distingue par des apports plus élevés en vitamines et minéraux (+10% à +20%), en oméga-3 (+20%) et en fibres (+27%).

 

Meilleure qualité de vie ou protection vis-à-vis des pesticides?

Sans surprise, ils sont moins souvent obèses ou en surpoids: chez les hommes, le taux de surpoids est de 25,3%, celui d’obésité de 4,3%, contre 39,9% et 10,5% chez les personnes évitant le bio. Le fait d’un meilleur style de vie et de meilleurs apports nutritionnels, certes, mais peut-être pas seulement: la différence persistait après prise en compte du score PNNS-GS [1].

«Alors que plusieurs études ont montré une association entre l’exposition aux pesticides -ou leur présence dans l’organisme- d’une part, l’obésité et le diabète d’autre part, il s’agira de tester par d’autres études la possibilité qu’une alimentation bio puisse prévenir une adiposité excessive en raison de sa moindre teneur en pesticides», commentent les chercheurs.

«Les effets à long terme sur l’état nutritionnel et le risque ou la protection de maladies chroniques seront étudiés plus en détail durant le suivi de cette cohorte, qui devrait durer encore au moins 5 ans», ajoute les coordinateurs de NutriNet-Santé dans un communiqué.

[1] Le score PNNS-GS mesure l’adéquation d’un régime alimentaire donné avec les recommandations du programme national Nutrition-santé (PNNS).



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