Les conducteurs de locomotive et Alzheimer

Le 20 novembre 2006 par Agnès Ginestet
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Une étude suisse montre l’existence d’un lien entre une exposition prolongée à des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses (ELF) et l’apparition de cette maladie.

Les résultats récemment obtenus par l'équipe de Martin Röösli, du département de médecine préventive et sociale à l'université de Berne, ont été exposés lors de la Conférence internationale d'épidémiologie et d'exposition environnementales qui a eu lieu à Paris en septembre (1). Ils concernent 20.141 employés embauchés ou ayant reçu une pension des Chemins de fer fédéraux (CFF) suisses entre 1972 et 2002. L'analyse des données personnelles et des certificats de décès a permis d'étudier la mortalité par cancers et maladies neurodégénératives chez ces employés.

Selon le type de poste occupé (conducteur de locomotive, de tracteur de manoeuvre, chef de gare ou personnel d'accompagnement), l'exposition et le risque varient. Ainsi, l'exposition moyenne aux ELF cumulée sur une vie pour les conducteurs de locomotives a été environ 3 fois supérieure à l'exposition moyenne des conducteurs de tracteur de manoeuvre, et 9 fois supérieure à celle des personnels de train. Les chefs de gare ont été faiblement exposés.

Selon Martin Röösli, il y a une différence importante d'exposition selon le type de moteur employé dans les locomotives. En principe, une construction appropriée peut donc permettre de diminuer l'impact.

Le risque relatif (RR) est le rapport des taux de la maladie chez les individus exposés et non exposés. Une étude suédoise (2) a montré, pour l'année 1970, un RR de mortalité par la maladie d'Alzheimer d'environ 2,5 pour les hommes conducteurs de locomotive. Cette catégorie d'employés avait l'exposition la plus élevée constatée dans l'étude, qui concernait également des soudeurs ou encore des réparateurs de télévision.

Le lien entre l'apparition d'autres maladies qu'Alzheimer et une exposition prolongée aux ELF a également été analysé. En 2001, le département de médecine préventive et sociale de l'université de Berne avait étudié plusieurs groupes professionnels des CFF pour la période 1972-1993, mettant en évidence un risque de leucémie deux fois plus élevé chez les conducteurs de locomotive que chez les chefs de gare (3). Mais cette relation entre leucémie et ELF n'a pas été confirmée de façon significative par la nouvelle étude menée par Martin Röösli et son équipe.

La Commission européenne prévoit de préparer un rapport sur les nouvelles preuves scientifiques concernant, parmi d'autres, les effets sanitaires potentiels des champs électromagnétiques. Elle a demandé pour cela au Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux de tenir compte des nouvelles données qui pourraient influencer l'évaluation des risques. Une consultation publique est actuellement réalisée sur le sujet.



(1) Cohort study on cancer and neurodegenerative disease mortality among Swiss railway employees exposed to extremely low frequency magnetic fields: 31 years of follow up, M. Röösli et al

(2) Occupational Magnetic Field Exposure and Neurodegenerative Disease, M. Feychting et al., Epidemiology, 2003; 14: 413–419

(3) Leukemia, brain tumors, and exposure to extremely low frequency electromagnetic fields in Swiss railway employees, Minder CE, Pfluger DH.. American Journal of Epidemiology, 2001;153(9):825-835






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