Les conditions de la réussite de Linky, selon le CGEDD

Le 28 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un déploiement qui mérite d'être accompagné.
Un déploiement qui mérite d'être accompagné.

Le CGEDD dresse l’état des lieux du déploiement du compteur communicant d’Enedis. Et des moyens à mettre en œuvre pour en favoriser le plein succès.

 

Rarement dispositif de comptage d’électricité aura fait couler autant d’encre. Et pourtant. Après l’ANFR, l’Ineris, l’Anses, la CRE, des associations, la Cnil, le Cired[1], au tour du CGEDD de phosphorer sur le compteur communicant d’Enedis (ex-ERDF).

1,5 million de compteurs installés

Après un rapide historique d’un projet né il y plus de 30 ans, les deux auteurs font le point sur le déploiement du compteur jaune acide. A la fin du mois de septembre dernier, plus de 1.5 million de Linky avaient été mis en service.

Très médiatisé, le taux de refus reste faible. En moyenne nationale (les chiffres varient sensiblement selon les régions), 2,6% des particuliers refusent de changer de compteur. A la fin de l’été 2016, 260 conseils municipaux avaient adopté une délibération opposée à l’arrivée du nouveau système: 0,7% des communes françaises.

Outil de comptage

Outil de comptage de l’électricité consommée, brique des réseaux intelligents, Linky doit aussi, dixit les pouvoirs publics et Enedis, aider les consommateurs à économiser l’énergie. Est-ce le cas? Pas vraiment. Pour visualiser sa courbe de charge, chaque client doit demander l’ouverture d’un compte sécurisé, –compte dont l’ouverture peut prendre deux mois. Complexité et longueur administrative expliquent pourquoi moins de 4.500 clients ont engagé cette quête du Graal internautique (0,3%) et moins de 3.000 comptes ont été effectivement ouverts.

On l’oublie parfois, Linky est aussi censé être un outil de lutte contre la précarité énergétique. Censé. Les 6 millions de ménages potentiellement bénéficiaires du tarif social (puis du chèque énergie) devraient disposer d’un afficheur déporté qui présentera le coût (en euros) de la consommation d’électricité. Une fonctionnalité qui n’est toujours pas en service, regrette le CGEDD. Peut-être en 2017?

Veille sur le réseau

En faisant remonter à Enedis des informations de terrain, Linky est aussi un formidable outil de veille sur l’état réel du réseau de distribution. Cela aide-t-il les syndicats d’électrification (propriétaires du réseau) à anticiper les pannes? Pas encore: «Sans doute, la relative nouveauté d’une telle approche est-elle l’explication de cette sous-utilisation», avancent les deux rapporteurs.

Alors que l’on continue d’installer 11.000 nouveaux compteurs chaque jour, le premier bilan de Linky n’est pas des plus favorables. «Il apparaît que le programme Linky constitue une solution d’avenir précieuse pour le système énergétique français, à condition que cet équipement soit utilisé pour la transition énergétique.»

Ce qui passe sans doute par de plus amples efforts visant à faire accepter ce nouveau matériel, toujours nimbé d’une aura électromagnétique un peu suspecte. Raison pour laquelle Enedis serait bien inspiré, estime le CGEDD, d’engager «une politique d’installation plus à l’écoute des consommateurs». Par exemple, en mettant en ligne un portail présentant les bénéfices apportés à l’usager par le compteur jaune. Mais aussi en montrant un peu de souplesse vis-à-vis des clients réticents.

Diffuser l’information

Comme de nombreux experts avant eux, les rapporteurs suggèrent de diffuser l’information en ligne, voire sur le smartphone des usagers: «Les études montrent en effet une diminution des consommations de 6 à 10% lorsque les clients sont équipés d’afficheurs en euros.»

L’Etat devrait aussi prendre sa part du fardeau. Notamment en entravant la circulation des fausses informations concernant Linky, favorisée par certains réseaux sociaux. Les préfets devraient aussi systématiquement contester les arrêtés municipaux interdisant le déploiement de Linky. A ce jour, seules 8% des délibérations communales ont été déférées au tribunal administratif par les pouvoirs publics.



[1] ANFR: Agence nationale des fréquences; Ineris: Institut national de l'environnement industriel et des risques; CRE: Commission de régulation de l'énergie; Cnil: Commission nationale de l'informatique et des libertés; Cired: Centre international de recherche sur l’environnement et le développement.

 



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