Les climatologues se rebiffent

Le 22 avril 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Guy Brasseur, il faut penser le changement de société.
Pour Guy Brasseur, il faut penser le changement de société.
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Le Giec[1] n’est pas un bon communicant. Surtout lorsqu’il s’agit de sensibiliser décideurs et populations. Avant l’ouverture de chaque sommet onusien sur le climat, des chercheurs, voire des académies des sciences sonnent le tocsin.

C’est précisément ce que fait de nouveau la Earth League. Constituée il y a deux ans à peine, sous la houlette d’une vingtaine de chercheurs européens, américains, chinois et indiens, cette société discrète cherche à faire passer au plus grand nombre des messages simples et clairs. «Sans que cela soit, comme au Giec, une succession de compromis», explique Guy Brasseur, président du World Climate Research Program (WCRP[2]).

Imaginer le changement de société

Mardi 21 avril, à quelques heures de la journée de la terre, son président, Johan Rockström[3], a rappelé les piliers d’un accord climatique efficace: fixation d’un budget carbone mondial à 1.000 gigatonnes de CO2, début immédiat de la décarbonisation des Etats, protection des puits de carbone (forêts, océans), création rapide d’outils de financement pour assurer la «grande transformation», comme l’appellent les scientifiques d’outre-Rhin.

Ce n’est pas tout. Les 17 institutions[4] dont sont membres les ligueurs de la terre veulent des crédits pour travailler sur des thématiques à la limite des frontières de la connaissance, et donc peu à même d’intéresser les gouvernements. «Les modèles climatiques sont arrivés au bout de ce qu’ils peuvent donner, constate Guy Brasseur. Nous devons imaginer des modèles qui intégreront enfin les rétroactions imputables aux activités humaines.»

Les membres de la Earth League veulent aussi convaincre les décideurs de l’absolue nécessité de travailler sur les moyens de transformer nos sociétés en organisations ne reposant plus sur la consommation d’énergies fossiles.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

[2] Le WRCP est l’un des grands programmes internationaux de recherche sur le climat planétaire.

[3] Outre la Earth League, Johan Rockström dirige aussi le Stockholm Resilience Centre.

[4] Stockholm Resilience Center, Max Planck Institute, Mercator Research Institute, Imperial College, IIASA, Centro Mario Molina, WRI, National Institute for Space Research, Scripps Institution of Oceanography, Potsdam Institute for Climate Impact Research, Columbia University, South Center, Teri university, London School of Economics and Political Science, académie des sciences de Chine.

 



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