Les CLI jugent la sûreté des installations nucléaires de la Manche

Le 05 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Tout a-t-il été prévu en cas d'accident nucléaire dans la Manche?
Tout a-t-il été prévu en cas d'accident nucléaire dans la Manche?
Andra

Et si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’était plus seule à juger du niveau de sûreté des installations nucléaires? C’est précisément la question que se sont posée, dans les jours suivant la catastrophe de Fukushima, les membres des commissions locales d’information (CLI) de l’usine de traitement des combustibles usés de La Hague, de la centrale nucléaire de Flamanville et du centre de stockage de déchets radioactifs de La Hague.

Trente mois plus tard, ces élus, syndicalistes, associatifs et scientifiques manchois apportent leur contribution au débat en publiant le livre blanc sur la sûreté des installations nucléaires civiles de la Manche.

Trois objectifs

Leur objectif est triple: analyser le niveau de sûreté «perçu» des trois installations (au regard des circonstances de la catastrophe japonaise), croiser cet audit avec les travaux de l’ASN et faire des propositions d’amélioration.

Pour ce faire, les membres des CLI ont auditionné industriels, autorités locales, représentants de la chambre d’agriculture, sans oublier divers experts (IRSN, ASN) avant de synthétiser les résultats de leurs travaux.

Pesant quelque 180 pages, le document inter-CLI rappelle les responsabilités des différents acteurs français en cas de crise nucléaire et leurs marges de manœuvre. Il décrit concrètement l’organisation de la réaction à une crise nucléaire grave.

On y apprend aussi quelques détails savoureux. La préfecture reconnaissant ainsi que les exploitants ont eu, «dans le passé, une tendance au déni du risque». Que les juristes d’EDF sont seuls juges des documents concernant la sûreté que les CLI peuvent consulter; que les photocopies ne sont pas possibles, mais qu’il y a «possibilité de prise de notes».

Pas de radios ni de sirènes locales

En cas d’accident, il faudra que les journalistes de France Bleu Cotentin ne soient pas tentés de fuir devant les radiations, car ils seront les seuls à pouvoir informer la population de l’évolution de la situation, «les radios locales indépendantes n’ayant pas contracté de façon formelle l’obligation d’émettre en cas d’événement de sécurité civile». De même, reconnaît toujours la préfecture, les sirènes d’alerte sont peu audibles «et certaines même ne se sont pas enclenchées», comme l’a montré un récent exercice.

Sur les possibles interdictions de consommation de denrées régionales, la chambre d’agriculture affirme n‘avoir aucune information sur les zones de confinement des produits agricoles. «Ces zones sont peu connues et il serait utile de faire prendre conscience de ces problèmes aux agriculteurs», estime-t-elle.

A ce propos, la surveillance des retombées radioactives est indispensable pour déterminer ces fameuses zones. Or personne ne semble connaître le nombre et la disponibilité des détecteurs de radioactivité au germanium.

Utile, ce document questionne autorités, experts et exploitants sur mille et un «détails» dont la non-résolution pourrait entraver, plus ou moins gravement, le bon fonctionnement des secours en cas d’accident nucléaire majeur dans le Cotentin.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus