Les cités européennes se préparent peu au changement climatique

Le 03 janvier 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Groningue vise la neutralité carbone dès 2025.
Groningue vise la neutralité carbone dès 2025.
DR

Il existe deux catégories de politiques climatiques: l’atténuation (ou réduction des émissions de gaz à effet de serre, GES) et l’adaptation aux conséquences des changements climatiques.

 

La première est, de loin, la plus commune, à défaut d’être populaire. A la suite de la convention de l’ONU sur les changements climatiques, et surtout du protocole de Kyoto, l’Union européenne a engagé d’importants efforts d’abattement de ses rejets de GES. Et grâce à la crise économique, pour beaucoup, et au paquet Energie Climat de 2008, un peu, les 28 devraient parvenir à diminuer leurs émissions de 20%, entre 1990 et 2020.

 

La seconde, en revanche, reste balbutiante. Certains pays, comme la France, ont certes publié des plans nationaux d’adaptation. Mais leur concrétisation sur le terrain se fait attendre.

200 villes passées au crible

Pour se faire une idée plus précise, une équipe de chercheurs a passé au crible les politiques climatiques des villes de l’Union européenne. Et le bilan qu’ils en tirent dans un article paru dans Climatic Change n’est pas fameux. Diana Reckien (université Columbia de New York) et ses co-auteurs ont analysé les engagements de 200 communes, grandes et moyennes, de 11 pays de l’UE.

 

Résultat: 65% des cités disposent d’au moins un plan, 72% ne prévoient de faire aucun effort d’adaptation. Un quart seulement mènent (ou envisagent de mener) une action sur les deux fronts climatiques.

Les leaders britanniques

Les auteurs tressent des couronnes de laurier aux communes britanniques, dont 93% ont une stratégie climatique, contre 42% des belges et 43% des françaises.

 

Toutefois, tempère Joël Hamann (Cired), co-auteur de l’étude, les chiffres tricolores traduisent la situation prévalant en 2011, lorsque l’étude a été réalisée. Or les 440 collectivités concernées disposaient d’un délai courant jusqu’au 31 décembre 2012 pour publier leur plan Energie Climat territorial. Selon l’association Bilan Carbone, un tiers d’entre elles seulement avaient respecté l’échéance fixée par la loi Grenelle II.

 

Côté adaptation, les Britanniques restent en tête: 80% des cities se préparent au Global Warming, contre 50% des villes finlandaises et un tiers des allemandes.

 

Au fait, que prévoient ces fameux documents? En résumé, surtout des recommandations générales qui s’adressent souvent à des tiers.

 

Au chapitre de la réduction des émissions, on se gargarise d’efficacité énergétique, d’économie d’énergie et de développement d’énergies renouvelables. Or ces sujets ne sont pas forcément de la compétence des communes. Les objectifs visés sont souvent comparables à ceux fixés par l’Union européenne: -20% d’émission de GES entre 1990 et 2020. A plus long terme, c’est plus flou. Au mieux, on pourrait espérer un abattement des émissions de 27% d’ici 2050. Les climatologues estiment qu’au milieu du siècle, les pays les plus industrialisés devront avoir réduit leurs rejets des trois quarts.

 

Pour l’adaptation, c’est encore pire. Faute d’imagination ou de vision, les rédacteurs appellent au verdissement de l’urbanisme, à une meilleure collaboration intercommunale ou à de nouvelles… études scientifiques. On l’imagine, l’adaptation ne sera pas l’un des principaux thèmes des prochaines élections municipales.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus