Les choix environnementaux de Boeing

Le 06 juin 2007 par Agnès Ginestet
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Boeing
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La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et le bruit est au cœur de la stratégie du géant de l’aviation. C’est ce qui ressort d’une réunion organisée par Boeing France le 9 mai à Paris.

Du 707 au 767, les améliorations environnementales ont été notables. En l'espace de 50 ans, l'efficacité des carburants a en effet progressé de 70%. «Cette évolution est directement proportionnel à une diminution des émissions de CO2», a précisé Bill Glover, directeur de l'environnement de Boeing. Le 787, qui sera mis en service très prochainement, génèrera 20% moins d'émissions de CO2 et 60% moins de bruit que le 767. Toutefois, ces améliorations se produisent parallèlement à une augmentation du trafic aérien mondial (+5,2 % en 2006).

«L'aviation contribue à 1,5% des émissions de CO2 dans l'Union européenne et de 2 à 2,5% dans le monde. C'est une part faible, et il s'agit de la maintenir à ce niveau», a déclaré Bill Glover. Boeing a par exemple lancé un programme à l'aéroport d'Amsterdam pour améliorer le trafic, en limitant les retards à l'atterrissage donc les émissions de CO2.

L'industriel mise également sur les carburants alternatifs, à travers la Commercial aviation alternative fuel initiative (Caafi), qui regroupe fabricants d'avions, fournisseurs de carburants, scientifiques, et institutions. «L'éthanol ne fonctionne pas bien pour l'aviation», explique Bill Glover. C'est donc sur le «biojet fuel» issu de la culture du soja que se focalise notamment Boeing. Le rendement énergétique est en effet plus intéressant et produit près de 50% de CO2 en moins que le Jet A, carburant actuellement utilisé. Un mélange des deux en proportion égale serait une possibilité. La solution des algues utilisées pour produire du «biojet fuel» est également étudiée car le rendement serait nettement supérieur à celui obtenu avec les graines de soja. Quant à l'option hydrogène, elle nécessiterait selon Bill Glover de redéfinir l'aérodynamique des avions.

Pour Boeing, la performance environnementale dépend entre autres du moteur, de l'aérodynamique, des matériaux et des systèmes utilisés à bord. Le 787 sera par exemple constitué à 50% de matériaux composites, qui réduisent le poids de l'avion et donc la consommation de carburant. «Nous espérons utiliser un système de piles à combustible pour générer de la puissance électrique. C'est un système efficace et propre», ajoute Bill Glover.

Le recyclage est également pris en compte par Boeing, au sein de Aircraft fleet recycling Association (Afra). Selon Jeanne Yu, directrice de la performance environnementale chez Boeing, les composites peuvent être séparés en deux parties, fibre et résine, qui sont toutes deux recyclables.

Malgré tous ces efforts, l'avion demeure l'un des moyens de transport qui émet le plus de CO2 au kilomètre. Faisant référence à l'éco-comparateur de voyages lancé en octobre 2006 par Voyages sncf.com (1), Yves Galland, président de Boeing France, a cependant tenu à souligner que «les modes de comparaison utilisés ne sont pas représentatifs de la réalité», estimant que les calculs, effectués par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), portaient sur des avions «non modernes».



(1) Voir les articles du JDLE: «Un éco-comparateur pour voyager 'écologique'», «L'Ademe justifie les calculs de l'éco-comparateur» et «Eco-comparateur: deux compagnies aériennes déboutées»




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