Les chiffres du plastique réunis dans un atlas

Le 03 mars 2020 par Stéphanie Senet
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Débutée après guerre, la production de plastiques s'est accélérée dans les années 2000
Débutée après guerre, la production de plastiques s'est accélérée dans les années 2000

Un atlas du plastique a été publié, ce 3 mars, par la Fondation politique allemande Heinrich Böll, La Fabrique écologique et la Coalition Break free from plastic.

 

Dans sa version française, l’Atlas du plastique rappelle les principaux chiffres qui dessinent le paysage des plastiques en France et dans le monde. A commencer par leur consommation, qui s’élève à 4,8 millions de tonnes par an. Soit plus de 70 kilogrammes par Français et par an, note le rapport publié par la Fondation Heinrich Böll, proche des Verts allemands.

Les emballages en tête

Si l’emballage représente 45,5% des tonnages consommés, le secteur du BTP en avale 18,7%, l’automobile 10%, les produits électriques et électroniques 5,3%, l’ameublement 4%, l’agriculture 2,6%... Avec des modes de traitement favorisant encore la société du tout jetable. Dans l’Hexagone, le taux de recyclage global s’élève à 23% tandis que l’incinération en représente encore 42% et l’enfouissement 35%.

Réduire à la source

«C’est une erreur de croire qu’on peut régler le problème en recyclant les plastiques. Il faut s’attaquer à la source, c’est-à-dire qu’il faut surtout réduire la production», résume Jens Althoff, directeur du bureau parisien de la Fondation Heinrich Böll.

L’Atlas, qui recense toutes les interdictions de produits plastiques à usage unique depuis 2015 dans l’Hexagone (cf encadré), détaille leur utilisation dans plusieurs secteurs dont l’habillement, l’alimentation, le tourisme.

Le nouveau discours des entreprises

Cet opus de 58 pages rappelle aussi les résultats de plusieurs études connues, comme l’audit réalisé en 2018 par le mouvement Break free from plastic, qui analyse 187.851 déchets plastiques recueillis dans l’environnement au sein de 42 pays. Résultat : Coca-Cola arrive en tête des 10 plus gros producteurs de déchets, devant PepsiCo, Nestlé, Danone, Mondel International, Procter & Gamble, Unilever, Perfetti Van Melle, Mars et Colgate-Palmolive.

«Le discours des entreprises a changé au cours des trois dernières années», relève Justine Maillot, coordinatrice de l’alliance Rethink Plastic. «S’ils poursuivent leurs investissements favorisant un essor de la production de matières plastiques, ils multiplient aussi les annonces en faveur d’une économie plus circulaire, comme l’alliance internationale pour mettre fin aux déchets plastiques lancée en janvier 2019 (cf JDLE)», poursuit-elle. 27 multinationales ont alors mis 1 milliard de dollars sur la table, essentiellement pour financer des infrastructures de collecte et de traitement dans les pays en développement.

Données obligatoires

Les entreprises vont surtout devoir communiquer davantage. «En plus d’interdire certains produits à usage unique, la directive européenne sur les plastiques oblige les fabricants de produits ciblés par une réduction d’usage de fournir les chiffres annuels de mise sur le marché», note Justine Maillot. Par ailleurs, les fabricants de produits relevant de filières à responsabilité élargie du producteur (REP), comme les emballages, devront fournir davantage de données à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Des chiffres encore difficile à obtenir, notamment en nombre d’unités.

 

Les interdictions en France
Janvier 2017 Sacs en plastique
Janvier 2018 Microbilles de plastique dans les produits rincés
Janvier 2020 Les coton-tiges, assiettes en plastique jetables, gobelets en plastique jetable, et pailles
Janvier 2021 Les couverts, boîtes en polystyrène expansé, tiges de ballon, touillettes, piques à steak, et couvercles de gobelets à emporter
Janvier 2025 Les contenants en plastique pour la restauration scolaire
Les emballages de fruits et légumes non transformés le seront aussi en 2021, les bouteilles en plastique lors d’évènements en 2021, les confettis en 2021, les jouets en 2022, les achats pour l’Etat en 2022 et les emballages jetables pour la restauration sur place en 2023.