Les chevaux européens bientôt mieux tracés

Le 17 septembre 2014 par Romain Loury
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Des registres nationaux pour éviter les confusions
Des registres nationaux pour éviter les confusions
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Afin de lutter contre la fraude alimentaire, la Commission européenne a décidé de muscler la traçabilité des chevaux. D’ici juillet 2016, les Etats membres de l’UE devront se doter d’un registre national centralisé, selon une proposition de règlement émise le 11 septembre.

Fini les lasagnes au cheval? Cette affaire de fraude alimentaire, qui a éclaté début 2013 dans toute l’Europe, aura révélé de nombreux manquements dans la traçabilité du cheval. En marge de cette tromperie sur l’espèce animale, le Royaume-Uni s’est illustré par sa viande de cheval contaminée à la phénylbutazone, un anti-inflammatoire interdit dans un délai de 6 mois avant abattage.

C’est l’une des particularités des chevaux par rapport à d’autres espèces consommées pour leur viande: avant d’être amenés à l’abattoir, ils sont le plus souvent employés à d’autres activités, en particulier l’équitation. Et il est difficile de contrôler la frontière entre les deux filières.

Certes, grâce à un règlement européen de juin 2008 (n°504/2008), tout cheval européen doit porter une puce électronique et détenir un passeport. Si le système va dans le bon sens, il est manifestement possible de le contourner. Suite à l’affaire de la viande de cheval, la Fédération des vétérinaires d’Europe (FVE) avait estimé qu’«il n’y [avait] aucune garantie réelle que le passeport équin reste avec l’animal toute sa vie», ouvrant même la porte à des passeports en duplicata.

Du travail en perspective pour l’Irlande et le Royaume-Uni

Autre faille, les Etats membres n’ont à ce jour aucune obligation de se doter d’une base de données centralisée. Si la France possède son registre Sire (système d’identification répertoriant les équidés) géré par l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE, ex-Haras nationaux), d’autres pays comme l’Irlande et le Royaume-Uni n’en ont toujours pas instauré (voir le JDSA). Dans ce dernier pays, chaque race dispose de sa propre base de données.

Ce sera chose faite au 1er juillet 2016, espère la Commission européenne, dont la proposition de règlement prévoit que tout Etat membre ait mis en place sa propre base de données nationale d’ici là. Outre les données d’identification du cheval, y seront inscrits tous les traitements qu’il a pris, et son éventuelle exclusion de la chaîne alimentaire.

La Commission souhaite par ailleurs renforcer le système du passeport, à délivrer avant l’âge d’un an. «Des caractéristiques techniques de sécurité ont également été mises en place pour réduire le risque de falsification des passeports», explique-t-elle.

Reste à voir si le système sera plus efficace que le précédent. Même avec son registre national, la France n’échappe pas aux fraudes: en décembre dernier, la police a démantelé un réseau d’achat de chevaux, notamment auprès du laboratoire Sanofi qui les utilisait pour la fabrication de sérums antirabiques, antitétaniques et antivenimeux. Bien qu’interdits à la consommation, ces animaux étaient revendus à des abattoirs, grâce à de faux certificats délivrés par des vétérinaires.



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