Les chauves-souris sont des voisins indispensables

Le 25 août 2011 par Célia Fontaine
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Dans la nuit du 27 au 28 août se tiendra la nuit de la chauve-souris. Roman Pavisse, le coordinateur national scientifique et technique du groupe «chiroptères» de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM), nous explique l’intérêt de cet événement.

L’année 2011 a été déclarée année internationale de la chauve-souris par le Programme des Nations unies pour l’environnement (voir le JDLE). Pensez-vous que cela permette une sensibilisation plus importante?
 
Oui, d’autant plus que 2012 a également été déclarée année de la chauve-souris par l’Union européenne, ce qui permet d’être assez optimiste sur le niveau de sensibilisation du grand public, des collectivités et même des entreprises sur le sort des chiroptères.
 
Ces mammifères utiles sont fragilisés depuis quelques années par une mystérieuse maladie «du nez blanc» (voir le JDLE). Où en sommes-nous aujourd’hui?
 
Cette maladie est causée par un champignon (Geomyces destructans, ndlr), qui touche principalement les chauve-souris d’Amérique du Nord durant l’hivernation. La contamination s’est très probablement faite par des touristes en visite dans des grottes où les animaux séjournaient. Malheureusement, la mortalité continue aujourd’hui, et de plus en plus d’Etats américains et canadiens sont touchés par le mal. Une étude récemment publiée a même chiffré les pertes économiques résultant de la mort des chiroptères: environ 300 millions de dollars, en raison des cultures infestées par les insectes que les chauve-souris ne mangent plus car moins nombreuses.
 
D’où provient cette contamination?
 
Il y a de très fortes suspicions qui pèsent sur l’Europe. Les quelques cas de nez blancs retrouvés chez nous montrent que les animaux supportent mieux le champignon et n’en meurent pas. Les chauve-souris européennes sont donc résistantes à un phénomène qu’elles ont dû côtoyer plus longtemps que les Myotis lucifugus (la petite chauve-souris brune américaine, ndlr). Mais les analyses qui sont en cours mettent du temps à livrer leurs résultats, elles sont onéreuses et les fonds manquent pour les financer.
 
Que peut-on faire, à notre niveau, pour protéger les chauve-souris?
 
Le thème retenu pour l’année 2011 est celui de la coexistence: «Les chauves-souris sont des voisins indispensables qu’il faut protéger chez soi, dans son jardin et dans son voisinage». Avant, les gens étaient gênés ou effrayés par la présence de chiroptères dans leur maison et demandaient à ce qu’ils partent. Sachant qu’il s’agit d’un animal protégé en droit français, les mentalités ont changé et de plus en plus de propriétaires ont décidé d’aller plus loin. A l’instar de ce que fait la Ligue de protection des oiseaux (LPO), des refuges officiels peuvent être créés chez les particuliers pour préserver les colonies. Ainsi, un jardin ou une bâtisse peut être classé, labellisé, par la signature d’une convention. L’objectif est de créer un réseau de gîtes favorables aux 35 espèces de chauve-souris que la France abrite.
 
 


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