Les chauves-souris européennes vont mieux

Le 30 janvier 2014 par Marine Jobert
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Bombus Terrestris vs Imidaclopride.
Bombus Terrestris vs Imidaclopride.
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Les populations européennes de chauve-souris se portent mieux. C’est la conclusion d’une étude publiée aujourd’hui par l’Agence européenne de l’environnement (AEE): les effectifs des 16 espèces étudiées ont augmenté de 43% entre 1993 et 2011, avec une relative stabilité depuis 2003.

 

Neuf d’entre elles voient leurs effectifs augmenter, une espèce décline significativement (Plecotus austriacus), quand le devenir de deux autres (Myotis bechsteinii et Eptesicus nilssonii), n’a pu être caractérisé. Des chiffes qui peuvent s’expliquer par la mise en œuvre de politiques nationales et européennes favorables aux chiroptères, estime l’AEE, qui considère toutefois que ce sont des espèces vulnérables. Après un demi-siècle d’effondrement, ces bonnes nouvelles doivent être accueillies avec prudence. D’abord parce que l’AEE travaille encore à l’amélioration d’un indicateur fiable sur l’évolution des populations de chiroptères, qu’elle souhaiterait étendu à d’autres pays et à d’autres espèces.

 

L’Europe compte une quarantaine d’espèces sur son territoire[1], dont 70% sont présentes sur le territoire portugais (25 sur le continent, 2 dans ses îles). Le Portugal fait partie des 9 Etats[2] qui ont nourri l’étude de l’AEE, –laquelle s’est également inspirée d’une revue de la littérature scientifique disponible, d’échanges avec les réseaux de surveillance à travers l’Europe et des programmes nationaux de surveillance. C’est la combinaison de ces indicateurs nationaux qui a permis à l’AEE de constituer un indicateur prototype sur l’hibernation des chauves-souris en Europe.

 

Les populations de chauves-souris reviennent de loin, mises à mal par l’intensification de l’agriculture, la perte d'habitat, la déforestation, les perturbations liées aux activités humaines proches de sites d'hibernation, l’urbanisation croissante, la pollution atmosphérique ou sonore et l’utilisation de produits toxiques pour le traitement du bois[3]. «L’apparente augmentation de population pour certaines espèces peut être attribuée aux législations de conservation nationales et européennes, la protection des espèces et des sites, des mesures ciblées de conservation et le développement d’une prise de conscience vis-à-vis des chauves-souris, via notamment Eurobats[4]», analyse l’AEE.

 

Un optimisme à tempérer à l’aune des deux dangers majeurs qui guettent aujourd’hui ces animaux, dont les populations peuvent décliner vite, et qui se renouvellent lentement (un petit par femelle par an). Il s’agit d’abord du danger que constituent pour eux les pales des éoliennes lors des épisodes migratoires. Le changement climatique les menace aussi grandement. Une étude européenne publiée le mois dernier dans Ecology Letters met en avant le danger que courent les chauves-souris de types européens face aux altérations climatiques, car leurs zones d'habitat vont subir des augmentations de température, que ce soit en Grèce, dans les Balkans, en Italie ou dans la Péninsule ibérique.

 



[1] Il en existe quelque 1.100 espèces dans le monde.

[2] Avec l’Allemagne, la Lettonie, la Hongrie, les Pays-Bas, l’Autriche, la Slovénie, la Slovaquie et la Grande-Bretagne.

[3] Comme la dieldrine, un insecticide organochloré classé «POP», qui a été utilisé comme une alternative au DDT. Il est interdit en France depuis 1992, mais toléré pour certains usages précis.

[4] Il s’agit d’un l'accord européen relatif à la protection des chiroptères, ratifié par une trentaine de pays européens.

 

 



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