Les chasseurs tirent à vue sur la future agence de la biodiversité

Le 29 mars 2013 par Marine Jobert
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L'agence de la biodiversité dans le viseur des chasseurs.
L'agence de la biodiversité dans le viseur des chasseurs.
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Lors de son assemblée générale, qui s’est tenue il y a 10 jours, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a désigné un nouveau prédateur du monde cynégétique: la future agence de la biodiversité [JDLE]. Bernard Baudin, le président de la FNC, a menacé de faire feu de tout bois si le gouvernement poursuivait «cette méthode d'un autre âge, qui consiste à marginaliser ceux qui, comme les chasseurs et les pêcheurs, sont des gestionnaires actifs et novateurs de la biodiversité ordinaire». La cause de son ire? La réflexion bien entamée sur la création de l’agence de la biodiversité et l’absorption programmée de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) par l’agence. «Cette future agence menace l'ONCFS tout en lorgnant sur l'argent des chasseurs», a déclaré Bernard Baudin à la tribune, déplorant que «les chasseurs –comme les pêcheurs– [aient] été soigneusement écartés des consultations, en contradiction totale avec la lettre de mission du ministre. Quand on veut cambrioler une banque, on ne prévient pas les clients».

C’est que l’ONCFS est effectivement une chasse gardée… A en croire le rapport de la Cour des comptes, cet organisme, en charge des questions de biodiversité depuis 2000, est bien devenu «la maison des chasseurs», selon le souhait de Roselyne Bachelot quand elle était ministre de l’écologie. Dans un rapport rendu en juillet 2012, la Cour pointe la composition du conseil d’administration, dans lequel «les représentants des chasseurs [ont] une majorité d’influence qu’ils ne manquent pas de revendiquer ni d’exercer». Sur les missions scientifiques qui incombent à l’établissement public, la Cour est également très critique: elle pointe «l’insuffisante diversification des partenariats de l’établissement dans ses activités d’observation, d’études et de recherche [qui] nuit à l’indépendance et à la reconnaissance de certains travaux de l’ONCFS concernant les espèces chassables, dès lors que les intérêts des milieux cynégétiques sont en jeu». L’ONCFS s’avère donc un outil précieux pour le monde cynégétique, et la fusion avec des entités comme l’Observatoire national de la biodiversité et l’Office de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) pourrait en réduire quelque peu l’intérêt.

Les récriminations de la FNC ont bien été entendues par Delphine Batho, présente à cette assemblée générale. Selon la FNC, elle a promis une meilleure concertation dans les temps à venir, et assuré qu’elle ne souhaitait nullement le démantèlement de l'ONCFS: «Elle a même veillé à augmenter la subvention de l'Etat», précise la FNC dans un communiqué. Les chasseurs préviennent toutefois: «L'absence de dialogue et le non-respect des engagements pris par les plus hautes autorités de l'Etat conduiront la FNC à s'opposer farouchement à ce projet et à l'appropriation par l'Etat des ressources cynégétiques

 

De son côté, l’Association de protection de la faune sauvage (Aspas) ne se prive pas non plus de dégainer: «Le lobby de la chasse a détourné la mission [de l'ONCFS], tout en encaissant des subventions de l’Etat multipliées par 118 en 8 ans! Pour stopper cette amputation du maigre budget du ministère de l’écologie, normalement destiné à la protection de la nature, l’Aspas demande que l’ONCFS soit rattaché à la future «Agence de la biodiversité’».



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