Les changements climatiques nous coûtent déjà cher

Le 26 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les inondations coûtent 14 milliards de dollars par an au Pakistan.
Les inondations coûtent 14 milliards de dollars par an au Pakistan.

Les effets du réchauffement, combinés aux retombées sanitaires de notre système énergétique commencent à peser sur la croissance économique.

L’avantage avec les changements climatiques, c’est que cela s’étend sur des temps longs. L’évolution des températures est estimée au regard de celles mesurées au milieu du XVIIIe siècle. Les projections du Groupe international d‘experts sur l’évolution du climat (Giec) nous mènent en 2100, voire parfois plus loin encore. Bref, les vivants du moment ont du mal à se sentir concernés par un phénomène invisible —croient-ils— et dont les effets ne se feront sentir que dans deux ou trois générations. Pas besoin, donc, de se presser.

Et si tout ça n’était qu’un problème de mise en perspective? C’est ce que se sont dit les nombreux auteurs du Climate Vulnerability Monitor. Publié aujourd’hui par le DARA (une ONG espagnole) and Climate Vulnerable Forum (un partenariat de 20 pays établi en 2009), ce rapport de plus de 340 pages dresse une cartographie des risques générés, dès à présent, par les conséquences du réchauffement.

Jusque-là, point de scoop. Cela fait belle lurette que les climatologues nous ont alertés sur les effets de la fonte des glaces telluriques (inondations, glissements de terrain), des bouleversements météorologiques (stress hydrique), de l’élévation des températures (changements de végétations et de culture, vagues de chaleur) ou de la montée du niveau de la mer (impacts sur l’urbanisation, les infrastructures ou la gestion de l’eau potable), etc. La nouveauté est ailleurs.

En se basant sur une abondante littérature économique et scientifique, les auteurs évaluent l’impact économique de notre boulimie carbonique. Et les chiffres sont d’une brutalité toute mathématique.

400.000 personnes par an sont les victimes, directes ou indirectes, de maladies imputables ou favorisées par les changements climatiques (diarrhées, paludisme, méningite). En émettant des centaines de millions de tonnes de soufre et de particules fines, notre système énergétique est à l’origine de 4,5 millions de décès par an. D’un autre côté, l’accroissement des jours de canicule réduit progressivement la productivité dans de nombreux pays.

En cumulant tous ces coûts, le montant de l’addition commence à devenir lourd. Le rapport estime que l'échec des actions contre le changement climatique coûte déjà à l'économie mondiale 1,6% de son PIB, soit 1.200 milliards de dollars (933 milliards d’euros) par an de prospérité. Mais les pays les plus pauvres sont les plus fortement touchés: 7% de leur PIB sont, en moyenne, engloutis par les conséquences du Global Warming. Et cela n’est qu’un début.

Car, au rythme où progressent les émissions mondiales de gaz à effet de serre (+3%/an en cette période de crise), les températures et la pollution liée au carbone —climatisation oblige— vont rogner davantage la croissance économique mondiale. Plus de 3% du PIB annuel de la planète pourraient être détruits vers 2030, estiment les rapporteurs.

Si les économies des pays les plus pauvres seront les plus durement touchées, les nations les plus industrialisées ne seront pas épargnées. Dans moins de 20 ans, la Chine subira de très lourdes pertes, faute de s’être adaptée à la nouvelle donne climatique: plus de 1.200 Md$/an (933.000 Md€) de dégâts environnementaux et sanitaires, soulignent les auteurs. Pour les mêmes raisons, les Etats-Unis devraient voir leur richesse diminuer de 2%.

Il y a 6 ans, l’économiste britannique Nicholas Stern estimait qu’il suffirait de consacrer 1% du PIB mondial à la lutte contre les changements climatiques, pendant un demi-siècle, pour stabiliser la concentration de GES à un niveau non dangereux. Une donnée qu’il convient probablement d’actualiser d’urgence.



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