Les chaluts pélagiques finalement interdits dans le plateau de Rochebonne

Le 02 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Le plateau de Rochebonne est situé à proximité de l'Ile de Ré, à une soixantaine de kilomètres des côtes
Le plateau de Rochebonne est situé à proximité de l'Ile de Ré, à une soixantaine de kilomètres des côtes

Autorisée dans le passé à titre dérogatoire, la pêche au chalut pélagique est désormais interdite sur le plateau de Rochebonne, à l’ouest de l’île de Ré (Charente-Maritime). Une zone classée Natura 2000.

Le gouvernement a finalement fait machine arrière. Il a décidé d’interdire la pêche au chalut pélagique dans une zone du Golfe de Gascogne classée Natura 2000, après avoir prévu de l’autoriser jusqu’au 31 janvier selon un projet d’arrêté mis en consultation le 1er octobre par la direction interrégionale de la mer Sud Atlantique. La (bonne) nouvelle est tombée par le biais d’un communiqué du ministère de l’agriculture.

Dérogation historique

Interdite depuis 1978, la pêche au chalut pélagique restait autorisée, une année sur deux pendant deux mois, à titre dérogatoire, dans ce haut-fond marin s’étendant une centaine de kilomètres carrés. «A l’issue d’une large concertation menée par la préfecture de Nouvelle-Aquitaine et associant les organisations professionnelles et les organismes scientifiques, les organisations régionales de pêche ont proposé de ne pas renouveler la dérogation», affirme le ministère de l’agriculture. Avec 4.300 contributions, cette consultation a en effet suscité une forte mobilisation, majoritairement favorable à l’interdiction totale de cette activité de pêche.

De son côté, la préfecture de Nouvelle-Aquitaine explique sa décision par «les fortes mortalités de cétacés constatées l’hiver dernier» ainsi que par «la protection de certaines espèces considérées comme menacées au regard de la règlementation communautaire de la pêche, en particulier le bar, dans une zone de nourricerie et de reproduction de l’espèce».

Des dauphins communs menacés

Plusieurs ONG, dont France Nature Environnement (FNE) et Sea Shepherd, s’étaient mobilisées pour faire disparaître cette pratique. «La Commission baleinière internationale a elle-même alerté, en mai dernier, sur les conséquences de ces prises sur l’état de conservation des dauphins communs. Ces mammifères pourraient être classés en menace d’extinction. Il faut absolument suspendre ces pratiques de pêche pendant l’hiver, en particulier dans les zones de reproduction», estime Sophie Mjati, chargée de mission au réseau Océans de FNE.

Echouages massifs

Pendant l’hiver 2018-2019, 1.200 petits cétacés se sont échoués sur les côtes atlantiques françaises. 90% d’entre eux portaient des marques d’engins de pêche (chaluts pélagiques, à grande ouverture verticale, et filets maillants) selon l’observatoire Pelagis. Un record dans l’Hexagone.