Les chaluts pélagiques de retour dans une zone Natura 2000

Le 17 octobre 2019 par Stéphanie Senet
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Le plateau de Rochebonne est situé à l'ouest de l'île de Ré
Le plateau de Rochebonne est situé à l'ouest de l'île de Ré

La pêche au chalut pélagique sera autorisée du 1er décembre au 31 janvier dans le plateau de Rochebonne, classé Natura 2000, selon un projet d’arrêté mis en consultation jusqu’au 22 octobre.

A chaque hiver, sa mauvaise nouvelle pour les dauphins. Pendant l’hiver dernier, 1.200 petits cétacés se sont échoués sur les côtes atlantiques françaises, 90% d’entre eux affichant des marques d’engin de pêche (filets maillants, chaluts pélagiques et à grande ouverture verticale), selon l’observatoire Pelagis (Université de La Rochelle CNRS[i]). En réalité, ces échouages ne représenteraient que 10% des décès. La plupart se déroulent en pleine mer. Soit plus de 10.000 morts pour une population totale évaluée à 200.000 individus dans le Golfe de Gascogne, Manche Ouest et une petite partie de la mer Celtique.

Pendant la période de reproduction

Pourtant la pêche au chalut pélagique devrait être autorisée pendant deux mois dans une zone du Golfe de Gascogne, située à 60 kilomètres de la côte, selon le projet d’arrêté diffusé par la direction interrégionale de la mer Sud Atlantique. En pleine période de reproduction. «L’autorisation est accordée un an sur deux en alternance avec une autorisation similaire accordée sur le plateau de l’île d’Yeu», argumente la Direction interrégionale. 34 navires devraient être autorisés à pêcher dans le plateau de Rochebonne à condition d’être équipés d’un dispositif dissuasif acoustique (Pinger) et d’avoir obtenu une autorisation de la direction interrégionale.

Alerte de la CBI et des ONG

«La Commission baleinière internationale a elle-même alerté, en mai dernier, sur les conséquences de ces prises sur l’état de conservation des dauphins communs. Ils pourraient être classés en menace d’extinction. C’est pourquoi il faut absolument suspendre ces pratiques de pêche pendant l’hiver, en particulier dans les zones de reproduction», affirme Sophie Mjati, chargée de mission au réseau Océans de France Nature Environnement (FNE). «Les dispositifs Pingers sont par ailleurs contestables puisqu’ils éloignent les dauphins de leur zone naturelle de reproduction et perturbent les mammifères. Le plus efficace est d’interdire toute technique de pêche non sélective dans les zones protégées», complète Lamya Essemlali, directrice du Sea Shepherd France. Le 11 juillet dernier, une vingtaine d’ONG ont demandé à la Commission européenne de lancer une procédure d’infraction contre 15 Etats membres, dont la France, pour n’avoir pas pris de mesure de protection suite aux échouages massifs. La directive Habitats les oblige en effet à apporter une protection stricte des cétacés et à veiller à ce que les activités de pêche n’aient pas d’impact important sur les populations.

 



[i] Centre national de la recherche scientifique

 



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