Les chaluts, ces tueurs de dauphins communs

Le 27 mars 2017 par Marine Jobert
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Un dauphin à la queue amputée.
Un dauphin à la queue amputée.
@F. Demaret, Observatoire PELAGIS

Ce ne sont pas les tempêtes qui tuent les dauphins, échoués en quantité cet hiver sur les plages de Vendée et de Charente-Maritime, mais bien les bateaux de pêche équipés de chaluts. Pourtant, aucun programme scientifique n’est financé pour limiter ces captures qui mettent l’espèce en danger.

Fractures de mandibule, queues amputées, traces de maillage… les dauphins communs échoués en grand nombre cet hiver sur les plages du golfe de Gascogne portent sans conteste les stigmates de la pêche industrielle. Sur les 800 animaux retrouvés morts depuis le début de l’année 2017, 134 ont été expertisés par l’Observatoire Pelagis[1] et les correspondants du Réseau national Echouages (RNE). Conclusions: 90% ont été tués à la suite d’une «capture accidentelle» dans un engin de pêche. Et c’est sans compter ceux que les deux épisodes de tempête de l’hiver 2017 n’ont pas rabattus sur la côte, puisque 80% des cadavres sombrent au fond des eaux. En tout, plus de 3.500 dauphins auraient péri en mer depuis le début d’année, selon une estimation qualifiée de «préliminaire et basse» par les scientifiques.

Mortels chaluts

Les blessures relevées sur les dauphins sont causées soit directement par les engins de pêche (traces de maillage), soit par la manipulation des animaux lors de leur remontée à bord des navires (fractures, amputations antérieures à l’échouage). Au début des années 2000, l’observation des techniques de pêche à bord des chalutiers pélagiques (notamment pour les chalutiers chaluts ? traînés par deux chalutiers), a confirmé l’existence de «captures accidentelles» de cétacés, principalement lors de la pêche au bar. Mais d’autres métiers pourraient être concernés, estime l’Observatoire Pelagis, par exemple les pêcheries utilisant les chaluts à très grande ouverture verticale, comme le chalut naberan. Les dégâts engendrés par ces techniques industrielles pourraient être amplifiés par un phénomène environnemental: les dauphins communs et les bars sélectionnent les mêmes espèces de proies, «ce qui pourrait les amener à se retrouver ponctuellement aux mêmes endroits où peuvent aussi figurer les bateaux de pêche. Lors de ces phénomènes, le risque de capture est important.»

Espèce en danger

Pour les dauphins communs, espèce à faible fécondité, à longue durée de vie et dont la capacité à se rétablir est faible, ces «prises accidentelles» pourraient «ne pas être soutenables à terme», préviennent les scientifiques. Des solutions techniques existent, assurent-ils, comme l’utilisation d’engins modifiés ou de répulsifs acoustiques, ou l’adaptation de la stratégie de pêche en s’appuyant sur la connaissance des circonstances environnementales qui augmentent les risques de captures accidentelles. «Aujourd’hui, aucun programme de limitation de ces captures n’est financé pour progresser sur ces questions», regrettent-ils.



[1] Il s’agit de programmes d’observation et d’expertise sur la conservation des populations de mammifères et oiseaux marins, adossés au CNRS et à l’université de La Rochelle.

 



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