Les cervidés à l’assaut de la campagne britannique

Le 07 mars 2013 par Marine Jobert
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Le cerf élaphe, espèce autochtone de Grande-Bretagne, présente également en France en zone boisée.
Le cerf élaphe, espèce autochtone de Grande-Bretagne, présente également en France en zone boisée.
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Vont-ils devenir les ennemis publics numéro un de la faune et de la flore britannique? Les populations de cervidés ont explosé ces dernières années dans la campagne anglaise, selon une étude publiée dans le Journal of wildlife management. Ils seraient au moins 1,5 million, selon la première estimation jamais réalisée. Or, afin de protéger à la fois les sous-bois, leurs habitants et les populations autochtones de cervidés, l’étude estime qu’environ 50 à 60% d’entre eux –soient 750.000 bêtes- devraient être tués chaque année. «Le nombre de cervidés a augmenté car il n’y a aucun contrôle (…). Ils consomment les petits arbustes et cela impacte les oiseaux des zones boisées. Nos forêts sont en train d’être dévorées», explique Paul Dolman, conférencier en écologie à l’université d’East Anglia.

 

Six espèces de cervidés coexistent en Grande-Bretagne. Le cerf élaphe et le chevreuil sont les deux espèces autochtones; le daim, le cerf aboyeur, le cerf sika ou le chevreuil des marais sont toutes des espèces introduites. En l’absence de prédateurs naturels et dans un contexte de recul de la chasse et du piégeage depuis un demi-siècle, leur nombre a considérablement augmenté. Paul Dolman préconise leur abattage de nuit, à l’aide d’équipements thermiques. La viande pourrait fournir un marché florissant de venaison, selon le biologiste.

 

En France, la seule harde de daims sauvages se trouve dans la forêt de l’Illwald, dans le Ried central alsacien. Leur présence, qui fait le bonheur des automobilistes et des promeneurs, a des effets dévastateurs sur la forêt. Tout un périmètre boisé a dû être ceint de grillages afin de protéger les jeunes pousses d’arbres et de permettre la régénération du sous-bois. Une étude publiée en avril 2006 par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sur le daim et le cerf sika notait qu’en 20 ans, «la distribution géographique hors enclos des deux espèces a fortement progressé». Des risques de «pollution génétique» étaient pointés entre le cerf sika et le cerf élaphe. «La possibilité de voir ces deux espèces s’installer en nature reste réelle (…). Adaptées aux habitats fermés, elles peuvent en effet passer facilement inaperçues, surtout en faible densité. Par la suite, leur capacité à échapper à la chasse les rend difficilement contrôlables», prévenait l’ONCFS.

 



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