Les Center Parcs du Rousset et de Poligny entre les mains de la région

Le 04 novembre 2015 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une bulle qui n'est pas au goût de tous les citoyens
Une bulle qui n'est pas au goût de tous les citoyens

Alors que le projet de Center Parcs à Roybon (Isère) est aujourd’hui suspendu par la justice, deux autres projets similaires avancent dans le Jura et en Saône-et-Loire, selon les bilans du débat public publiés le 3 novembre. Ils restent toutefois soumis au bon vouloir des futurs élus régionaux.

 

Finalement, ce ne sont ni les citoyens ni le groupe Pierre et Vacances qui devraient décider de l’avenir des projets de Center Parcs dans les forêts du Rousset (Saône-et-Loire) et de Poligny (Jura). «Le montage financier est tel que c’est la future grande région Bourgogne-Franche-Comté qui devrait avoir le dernier mot», explique au JDLE Christian Leyrit, président de la commission nationale du débat public. En cause, donc, le montage financier des projets. Si le coût de la construction du village, qui comprend 400 cottages de 70 mètres carrés chacun, un espace «aqualudique» chauffé à 29°C toute l’année et des commerces, revient à Pierre & Vacances (environ 170 millions d’euros HT[1]), le groupe le revend ensuite à une société d’économie mixte (SEM) dont les principaux actionnaires sont le conseil régional et le conseil départemental. L’exploitation sera assurée par Pierre & Vacances moyennant un loyer prévu par le bail conclu avec la SEM pendant 20 ans.

«Si le projet est rentable, pourquoi n’est-il pas financé par Pierre & Vacances sur ses propres fonds?», a demandé un internaute pendant le débat public organisé par la commission particulière du débat public (CPDP) entre le 20 avril et le 4 septembre. D’autres citoyens ont exprimé leurs préférences pour des investissements dans les énergies nouvelles, la rénovation thermique ou le développement des équipements publics. L’exploitant se justifie au nom de la «dissociation entre le propriétaire et l’exploitant qui est devenue une pratique générale dans l’immobilier de tourisme».

 

Pas d’évolution sur la gestion de l’eau

L’alimentation en eau, le traitement des eaux usées, le type de tourisme proposé et la question du financement ont été au cœur du débat public des deux projets de villages vacances. «Des débats qui ont été passionnés, surtout au Rousset, et qui ont fait émerger des positions très marquées», observe le président de la CNDP. D’un côté, des citoyens très hostiles à un tourisme de masse jugé dépassé, à l’implication financière des collectivités, aux incertitudes du modèle économique (le groupe ne communique aucune donnée économique) et aux rejets dans le milieu naturel des eaux de piscine, ––en particulier à Poligny où le milieu karstique accélère l’infiltration dans les nappes. De l’autre, une majorité d’élus locaux favorables au projet, au nom des emplois créés et des retombées économiques.

 

Un village réduit à Poligny

L’exploitant n’a apporté aucune garantie sur la question de l’eau, affirmant «qu’une solution technique excluant les rejets des eaux de piscine était impossible avec l’équipement prévu». Il a seulement concédé qu’une réflexion allait être engagée sur le zéro rejet. Le traitement des eaux usées sera assuré par une nouvelle station d’épuration construite à Plasne –à laquelle le maire est opposé- ou plus probablement à Poligny. Avec un besoin en eau de 500 mètres cubes par jour, le Center Parcs du Jura induit par ailleurs une hausse de prélèvement de 15%. Le projet de Poligny a en revanche été amendé du point de vue de la taille (réduite de 150 à 80-100 hectares), et de son accès (pour éviter la traversée de la petite commune de Plasne au profit d’un accès par la RN5).

 

Concertation à suivre?

«Le groupe Pierre & Vacances a désormais trois mois pour communiquer sa décision de poursuivre ou non les projets de villages. S’ils sont confirmés, nous suggérons à l’exploitant de nommer un garant indépendant afin de poursuivre la concertation. Malheureusement, seul l’exploitant peut le faire, nous n’en avons pas la compétence à la CNDP», conclut Christian Leyrit. La réforme engagée au niveau national sur la démocratie participative pourrait sur ce point faire bouger la législation.

 

 

 



[1] Il faut ajouter 11,7 M€ pour les réseaux de gaz, eau et électricité, à la charge des collectivités

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus